dimanche 11 août 2013

ADELAIDE DE CLERMONT TONNERRE - FOURRURE


PRIX 2010 MAISON DE LA PRESSE

RESUME : 
C’est en passant devant un kiosque à journaux du boulevard Pierre-Seymard, à Nice, qu’Ondine apprend le suicide de sa mère, la grande écrivaine Zita Chalitzine. On l’a retrouvée dans une voiture enveloppée dans un magnifique manteau de fourrure blanc. Zita, qui avait passé sa vie à faire scandale, ne se départ pas de sa réputation. Et juste avant de disparaître, elle faisait encore parler d’elle : elle n’aurait été qu’un prête-nom aux livres qui ont fait son succès. Ondine ne veut rien savoir de sa génitrice qui n’a été qu’une pâle imitation de ce que devrait être une mère et qui n’a jamais voulu lui dire qui était son père.
Et pourtant, en rangeant les affaires de Zita, après l’enterrement, Ondine découvre le dernier livre de sa mère, non publié, son autobiographie.
Le lecteur entre alors de plein fouet dans la vie extraordinaire de Zita, petite fille pauvre, élevée dans la loge de son énorme mère, Madame Lourdes.
Devenue la protégée de la famille propriétaire de l’immeuble dans lequel elle vit, elle découvre la haute société, la vie facile de ceux qui ont les moyens, la culture, la finesse. Après son bac, elle gagne son indépendance en devenant une des filles de Madame Claude et par la même occasion la maîtresse du grand auteur Romain Kiev. Coqueluche du tout-Paris des années 1970, elle illustre ce temps où tout était possible.
Les fêtes, les drogues, Yves Saint-Laurent, les belles voitures, on suit Zita dans un tourbillon d’avant crise. Mais aussi dans sa chute, dans sa déchéance. Lorsque l’on est monté si haut, on ne peut que redescendre très bas.


MON AVIS :
Un romans à tiroirs, car plusieurs histoires y sont présentes.
Il y a celle de Zita, bien sûr, petite fille de classe moyenne dont la mère est concierge pour des familles très riches.
Zita a une idée fixe : s'en sortir et devenir aussi riche que ses patrons.
Pour cela, elle ne trouve pas d'autre solution que d'aller frapper à la porte de Mme Claude.
De cette rencontre, va naître la vie d'adulte de Zita, jeune femme cherchant l'affection d'un père, d'un pygmalion, car elle écrit, voguant d'homme en homme, de soirées en soirées, brassant l'argent, les bijoux, les plus beaux atours, se brouillant avec sa mère, ses amies, sans jamais trouver le bonheur et la réponse à ses questions, ou l'apaisement de ses douleurs.
Lorsque son ami d'enfance, Timothée est malade, elle va se dévouer à lui corps et âme, en se rendant compte que c'est bien la seule personne dont elle est vraiment amoureuse.
Quant elle rencontre Romain Kiev, là encore elle se rend compte qu'elle est attachée à lui, et découvre pendant un temps un semblant de stabilité.
Mais la naissance de son enfant, Ondine, lui renvoie ses souffrances du passé.
Ondine, à la mort de sa mère, découvre la présence du manuscrit "Fourrure" destiné à éclaircir cette mère Zita, méconnue.

L'histoire de Zita pourrait paraître triste, mais elle ne l'est pas. Zita est un personnage, qui effectue et assume ses choix de vie, en  allant à l'encontre de la bienséance.
Elle décide de découvrir les travers de l'être humain, sujet de ses romans, en allant à la rencontre de l'intime.
Elle s'y brûle mentalement et financièrement, et fait le bilan de ses choix de vie, à la naissance de sa fille.
C'est finalement, l'amour d'une mère à sa fille, que raconte Zita, en expliquant sa vie et ses travers.
L'écriture, quant à elle, est vivante, crue, détaillée, rythmée, permet une facilité de lecture.
Une découverte intéressante sur le milieu bourgeois et aisé des années 70-80, à travers les frasques de cette société malgré leur joli miroir.

Citation :
"J'avais cru disposer de ma vie quand je confisquais ton avenir."

MA NOTE : 4/5

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