dimanche 27 avril 2014

MARIE-SABINE ROGER - LA TETE EN FRICHE

RESUME :
Germain est l'idiot du quartier, il passe son temps à prendre du bon temps, avec sa copine et ses copains de bistro. Jusqu'à ce qu'il rencontre au jardin public une vieille dame très cultivée qui le fait entrer dans le monde des livres et des mots. Son rapport aux autres et à lui-même en est bouleversé. Mais il n'en perd pas pour autant sa verve et sa lucidité décapantes.
Un vrai plaisir de lecture et un roman émouvant. Un hommage aux livres, à Camus, Gary et Sepulveda.
Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique... - et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour - ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout.

MON AVIS :
Un roman émouvant, empli de tendresse, d'humanité, de simplicité, de respect de soi et des autres.
Germain, simplet et ayant eu une enfance malheureuse, avec des parents l'ignorant, va se découvrir, suite à sa rencontre avec Margueritte, vieille dame, comptant les pigeons au parc, comme lui.
Ce comptage va permettre à nos deux héros que tout oppose: l'âge, le milieu social, la vie actuelle, de se rapprocher et de créer une amitié sincère.
Tout au long du roman on suit l'envol de Germain, qui découvre les joies de la lecture, de la présence affectueuse d'une grand-mère, à défaut d'une mère.
C'est drôle, par les pensées simples et entières de Germain, émouvant, par l'attention qu'il porte à sa grand-mère adoptive et enrichissant, par sa découverte du goût à la lecture.
C'est une histoire-doudou, qui fait du bien, et qui nous rappelle, que les choses simples et sincères, sont ce qu'il y a de vrai.

Citations:
"J'ai décidé d'adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses 86 ans. Il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir."
"Tendresse et affection et confiance."
"Du coup, je me suis rendu compte que je n'avais pas grand-chose à garder d'important. Je m'encombrais de tour un tas de bordel imbécile."
"Les mots, ce sont des boîtes qui servent à ranger les pensées."
"Ca me fatigue, à force, de regarder la vie, sans décodeur."
"Si les parents, ne restent pas derrière, à seriner que l'école c'est important,..., et  bien on n'y va pas.Ma mère n'était pas rigoureuse pour ça. Mais que je 'aprenne pas à lire ou à écrire, ça franchement, je crois qu'elle s'en foutait."
"Quand on n'est pas éduqué, comme moi, vous ne pouvez pas savoir comme c'est compliqué la lecture."
"Je savais lire, ça bien sûr, puisque je connaissais mes lettres. Le problème, c'était le sens."
"Lire cela commence par écouter une histoire."
"Apprendre à partager, voilà probablement la leçon la plus importante, à retenir, dans la vie."
"Je suis resté planté là, le bouquin dans les mains. C'était mon premier livre. Je veux dire, le premier que l'on m'offrait."
"C'est pas parce qu'on est inculte, qu'on n'es pas cultivable."
"On passe des années à rêver d'être grands, tout ça pour regretter quand ont était petits."
"Je me dis que tenir à une grand-mère, c'est pas plus reposant que tomber amoureux.".

Les livres de la Tête en Friche:
La peste, L'étranger, La chute d'Albert Camus
La promesse de l'aube de Romain Gary
L'enfant de la haute-mer de Jules Supervielle
Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda

MA NOTE: 5/5

Merci à Des pages et des îles, pour le conseil de lecture.

2 commentaires:

  1. J'avais beaucoup aimé. Je te conseille le film tout aussi émouvant

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  2. J'avais beaucoup aimé ce roman léger, drôle et plein de tendresse, et au final pas si léger que ça... mais je n'ai toujours pas vu le film... un peu rebutée d'avance par le gros Gérard :(

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