dimanche 11 mai 2014

AMY GRACE LOYD - LE BRUIT DES AUTRES


RESUME : 
Depuis la mort de son mari, Celia tient le monde à distance. Propriétaire d’un immeuble à Brooklyn, elle a choisi ses locataires pour leur discrétion.
Puis il y a l’arrivée de Hope, une belle femme un peu perdue, fuyant un mari infidèle. Lorsque Hope entame une liaison dangereuse et qu’un de ses locataires disparaît soudainement,
Celia voit ses murs vaciller. L’équilibre précaire qu’elle était
parvenue à construire vole en éclats et l’oblige à sortir d’elle-
même.
Amy Grace Loyd ausculte le bruit des autres à travers les murs d’un brownstone et guette les désordres, les désirs de ce petit monde. Une exploration sans tabou du deuil, du sexe et des petits arrangements avec la vie dans un New York voluptueux et brûlant.


MON AVIS :
Un premier roman d'une qualité d'écriture et de narration.
L'histoire est intimiste. Quel est le destin de Célia, veuve, propriétaire d'un immeuble en briques, un brownstone, à New-York. 
En effet, elle loue ses appartements, à des personnes discrètes et dont la vie est calme et tranquille.
L'arrivée d'une nouvelle locataire: Hope, vient bouleverser cet univers et va mettre à nu l'intime de chacun.
Nous lecteurs, allons être imiscés dans le bruit des autres, ces bruits intimes, que ne protègent ni les murs, ni les portes.
Ces bruits vont dévoiler : la violence conjugale, le désespoir amoureux,la solitude,l'infidélité, l'homosexualité, le sado-masochisme.
Les souffrances vont être mises à nu, décortiquées, analysées. Chacun espérant en guérir, tout en donnant une image extérieure sereine.
L'auteur, par son style détaillé, ciselé, analyse les sentiments, les ressentis, les façons de réagir face aux évênements, selon son vécu.
C'est un récit violent, vibrant, émouvant, qui nous tient sous son emprise et fait réfléchir sur des thèmes de notre société actuelle.

MA NOTE : 5/5

Citations: 
"Le corps d'une femme vieillissante.
Le samedi soir, la veille du départ de George, une fête se déroulait au-dessus de ma tête.
Et ce n'était pas mon rôle, non plus, de lui expliquer que lorsque quelqu'un tombe, que quelqu'un se fait surprendre par la douleur, il vaut mieux qu'une personne soit là pour le retenir au lieu de le déstabiliser et de lui enseigner les plaisirs de la chute.
Deux paires de pieds marchaient prudemment au-dessus de ma tête, craignant peut-être de déranger.
Les et elle avaient fait voler en éclats mon intimité, sans vergogne...
... Ce que je demandais avant tout, c'était que la porte d'Angie, ...se referme entre nous. 
Un monde qui se sépare d'un autre, véritablement.
On écrit et réécrit tous, pour se rendre acceptable  à nos yeux et aux yeux des autres, surtout des autres.
...Le quartier compte moins que les individus qui y habitent.
... Un phénomène physique cahotique avait pris le pouvoir, encouragé  par le printemps, mélangeant les appétits humains ...
L'intimité. Respecter l'intimité de chacun...
La vie pouvait se montrer bienveillante. Je l'avais oublié.
... L'on pouvait aimer, ce que l'on ne pouvait prévoir, que nous nous métamorphosions tous, volontairement ou non...
Ce que je savais du bonheur, c'était qu'il s'exprimait mieux à petites doses...
Nous nous accrochions à nos fantômes comme nous nous accrochions les uns aux autres.

Je remercie La cosmopolite de Stock et LIBFLY pour cette découverte.

1 commentaire:

  1. Que des avis positifs sur ce roman ! Je vais me plonger dedans très bientôt !!! chouette !

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