mercredi 30 juillet 2014

ZOYÂ PIRZÂD - C'EST MOI QUI ETEINS LES LUMIERES

RESUME :
Dans un quartier préservé d’Abadan, Clarisse, l’épouse et mère de famille à travers qui l’histoire se déploie, est une femme d’une profonde humanité, intelligente, d’une simplicité de cœur qui nous la rend spontanément attachante. Par ses yeux, on observe le petit cercle qui se presse autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, fervent de jeu d’échecs et de politique, les deux filles, adorables et malicieuses jumelles, Armène, le fils vénéré en pleine crise d’adolescence, et la vieille mère enfin qui règne sur la mémoire familiale.
Pourtant la très modeste Clarisse, cuisinière éprouvée qui se dévoue sans compter pour les siens, va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien, au romanesque d’autant plus désarmant qu’il se montre on ne peut plus retenu. De nouveaux voisins se manifestent en effet, une famille arménienne débarquée de Téhéran qui va très vite bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible.
Comme dans les romans de Jane Austen, Zoyâ Pirzâd dresse avec justesse et drôlerie le portrait d’une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes.

MON AVIS :
Un roman intimiste, nous faisant entrer dans la vie de'une famille iranienne.
On vit avec Clarisse, mère de famille à Abadan, d'origine Arménienne, ville où la compagnie d'exploitation pétrolière est le principal employeur.
On suit Clarisse dans sa vie et ses activités liées à ses enfants, son mari, sa mère, sa soeur, et sa famille.
Mais l'arrivée de nouveaux voisins va bouleverser son équilibre.
Vont se révéler les émois adolescents de son fils, la malice des ses jumelles, la personnalité particulière de son voisin, les émois amoureux de sa soeur.
Clarisse va se alors se remettre en question et prendre du recul sur sa vie afin que chacun s'aperçoive qu'elle facilite leur vie quotidienne.
C'est une histoire attachante par l'exploration des sentiments, des doutes et des retours sur soi de Clarisse et de la façon dont elle va faire évoluer ses rapports avec son entourage.

MA NOTE : 4/5

L'auteur: 
Zoyâ Pirzâd, figure de proue de la littérature persane actuelle, elle est née en 1952 à Abadan, dans le sud-ouest de l'Iran, d'un père Iranien mais d'origine russe par sa mère et d'une mère armé­nienne, et vit aujourd'hui entre l'Iran et l'Arménie. Elle débute sa carrière d'écrivain après la révolution de 1979. En 1990, elle publie son premier recueil de nouvelles,Comme tous les après-midi. Suivront un deuxième recueil, Le Goût âpre des kakis (1997, 2009 pour la traduction française), puis un premier roman, Un jour avant Pâques.
Ces trois livres ont été réédités en 2002 en Iran en un seul volume intitulé Se ketab (Trois livres). Ses deux romans suivants la consacrent comme un auteur majeur : Cheragh-ha ra man khamush mikonam(C'est moi qui éteins les lumières), paru en 2001, obtient quatre récompenses en Iran, dont celle du meilleur livre de l'année, et On s'y fera (2004) reste l'un des grands succès de librairie de ces dernières années. Tous ses livres sont publiés en français chez Zulma, à l'exception de C'est moi qui éteins les lumières, qui paraîtra en 2011.



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