samedi 25 mai 2013

JEANNE BENAMEUR - LES DEMEUREES

RESUME :
La mère, La Varienne, c'est l'idiote du village. La petite, c'est Luce. Quelque chose en elle s'est arrêté. Pourtant, à deux, elles forment un bloc d'amour. Invicible.
L'école menace cette fusion. L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l'enfant à l'ignorance, car le savoir est obligatoire. Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde ?
L'art de l'épure, quintessence d'émotion, tel est le secret des Demeurées.
Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.
MON AVIS :
Un roman tout en subtilité, l'histoire de deux demeurées que l'amour maternel et filial est plus fort que tout le reste du monde.
Tout y compris s'ouvrir au monde extérieur, car demeurées elles le sont,  car mises à l'écart dans leur village, mais ne le sont pas au sein de leur maison.
C'est poétique et triste à la fois, car Mademoiselle Solange, comprenant cela, fait tout pour les ouvrir au monde extérieur. 
S'ensuivra le destin de chacune des trois, qui nous est raconté en quintescence de ce petit livre.Une belle écriture et un thème difficile abordé avec douceur.
MA NOTE : 3.5/5

Citations:
"A l'intelligence, il faut un espace pour se pose.Il faut des mains, de l'air pour la craie et l'encre. L'abrutie n'a rien.
Il arrive ce qu'elle ne connaît pas : l'absence.
Alors a eu lieu l'impensable. Mademoiselle Solange a poussé la porte de la maison.
La maison n'est plus la maison. Comment le sera-t-elle encore un jour ? Quelqu'un est entré... Elle mènera cet enfant au seuil du monde, par les mots."

mercredi 22 mai 2013

BLANDINE LE CALLET - DIX REVES DE PIERRE


RESUME :
Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt. Elle ressuscite tour à tour un jeune esclave à qui l on vient d offrir sa liberté, un philanthrope piégé dans l étouffant huis clos d un bordel parisien, deux êtres unis par un amour hors-norme en route vers leur destin, une vieille dame acariâtre rédigeant son testament, et bien d autres encore. 
Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives. 
Dix voyages entre hier et aujourd hui, des rivages antiques d Asie Mineure jusqu à un petit village de la Bretagne profonde, du Paris de l Ancien régime à celui du xixe siècle, de la Normandie médiévale aux plaines d Ukraine dévastées par la peste brune... 
Dix nouvelles poétiques ou féroces, tendres ou dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs. Dix « rêves de pierre » pour conjurer l'oubli.


Pourquoi des épitaphes ? Blandine Le Callet répond à ses lecteurs :
J'étais depuis longtemps sensible à la puissance d'évocation des épitaphes - quelques lignes gravées sur une tombe portant le souvenir de personnes mortes depuis parfois des siècles -, mais c'était la première fois que la lecture de l'une d'elles suscitait chez moi un désir d'écriture aussi impérieux.
Très vite, m'est venue l'idée d'un recueil de nouvelles dont chacune aurait pour point de départ une épitaphe authentique à partir de laquelle j'imaginerais les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt.
J'ai mis plus de vingt ans à réunir ces épitaphes, attendant chaque fois la "rencontre" de l'inscription qui ressusciterait les fantômes et ferait jaillir l'inspiration, ne commençant la rédaction du recueil que lorsque ma collecte a été achevée. Je voulais que ces nouvelles, au-delà de leur diversité, forment un tout cohérent, paraissent comme liées en un récit unique.
Les voici aujourd'hui : dix histoires restituant par le biais de la fiction dix destins oubliés. Dix nouvelles conçues comme un voyage à travers les siècles, l'espace, les classes sociales. Des univers auxquels j'ai voulu donner des couleurs, des parfums différents - tragique, burlesque, grinçant, mélancolique - tout en les reliant par un mystérieux fil rouge : un personnage qui apparaît chaque fois au moment de la mort, pour la donner ou bien la prévenir, jusqu'à la dernière histoire, plus personnelle, où recherchant la trace de mes ancêtres dans un cimetière breton, j'ai fait une découverte qui m'a bouleversée.
J'espère que ces quelques lignes vous auront donné envie de découvrir mes dix rêves de pierre. Si tel est le cas, n'hésitez pas à m'écrire pour me faire part de vos impressions et, si vous avez apprécié le voyage, me dire laquelle de ces histoires vous avez préférée !

Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d évocation ; leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles. 

Pourquoi ce recueil - Blandine Le Callet
L'idée de ce recueil m'est venue il y a plus de vingt ans, lorsqu'en visitant le Musée archéologique de Lyon, je suis tombée en arrêt devant l'épitaphe d'une jeune femme prénommée Blandinia, morte à l'âge de dix-huit ans. Son mari lui rendait hommage en termes si émouvants que je me suis aussitôt prise à imaginer ce qu'avait pu être la vie de Blandinia et de son époux dans cette ville gallo-romaine de Lugdunum.

Interview de l'auteur sur "Dix rêves de Pierre"

MON AVIS :
Un recueil qui malgré le thème n'est pas triste du tout, dans chaque nouvelle, il y a une histoire liée aux sentiments et variée dans la région géographique et les dates historiques.
Ces nouvelles sont pleines de vie, d'espoir et se terminent par la citation d'une réelle épitaphe glanée par l'auteur.
Le rythme est vif, l'écriture de l'auteur est fluide, le ton est à la fois poétique, émouvant, triste, joyeux, mais toujours juste et l'intrigue est là et nous emmène à chaque chute.
Le fil conducteur choisit par l'auteur entre les nouvelles,  est un chien jaune que nous retrouvons dans chaque nouvelle. Dans l'interview ci-dessus, elle y explique pourquoi ce choix.
Ce qui est bien aussi, c'est que l'auteur explique son parcours de recherche et l'histoire des épitaphes.
Une belle découverte et une auteur à suivre pour moi.

MA NOTE :5/5
COUP DE COEUR 

Extrait des dix épitaphes : 
Ce ne sera pas un spoiler, car il faut lire les nouvelles pour comprendre l'épitaphe et y ressentir le côté émouvant de chacune
Titre de la nouvelle 1Hermès
Epitaphe : Thrason, fils de Diogène a élevé cette stèle en mémoire de ses deux fils Dexiphanès âgé de 5 ans et Thrason, âgé de 4 ans et en mémoire d'Hermès, leur précepteur âgé de 25 ans.
Lorsqu'on les a trouvé dans les décombres après le tremblement de terre, c'est ainsi qu'il les tenait serrés contre lui.
Nicomédie (actuelle Izmit en Turquie) vers 120 ans de notre ère.

Titre de la nouvelle 2 : 5 ans 6 mois 18 jours 
Epitaphe ::Aux dieux mânes et à la mémoire éternelle de Blandinia Martiola, jeune femme pleine d'innocence, morte à l'âge de 18 ans 9 mois 5 jours.
Pompéius Catussa de la cité des Séquanes, artiste scutateur a élevé ce tombeau pour son épouse incomparable, pleine de bonté à son égard, qui a vécu avec lui 5 ans 6 mois 18 jours, pure de toute souillure.
Il a aussi élevé ce tombeau pour lui-même et il l'a consacré sous l'oscia.
Toi qui lis les lignes, va aux bains d'Appollon, ce qu'avec ma femme j'ai souvent fait et voudrais faire encore si seulement je pouvais.
Lyon IIe siècle de notre ère.

DORIS LESSING - VICTORIA ET LES STAVENEY

RESUME:
Victoria n'a jamais oublié sa rencontre, à l'âge de neuf ans, avec une riche famille blanche, les Staveney. Ce souvenir entêtant la poussera, des années plus tard, à entamer une liaison avec leur fils, Thomas. De cette histoire naîtra Mary, petite fille à la peau claire et au sourire radieux. En adoration devant l'enfant, les Staveney proposent de l'accueillir chez eux de plus en plus souvent. Victoria, toute à la réalisation de la chance que représenterait une telle éducation pour sa fille, n'imagine pas quelles conséquences aura sa décision. La grande dame des lettres anglaises revient sur ses thèmes de prédilection : le racisme, l'hypocrisie, l'ambition. Un regard sans concession et d'une incroyable modernité sur notre époque.
L'auteur: Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de son enfance au Zimbabwe. Devenue célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagé aux idées libérales. Prix Nobel de Littérature, elle est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels le célèbre Carnet d'or (Prix Médicis étranger), mais aussi Mémoires d'une survivante. Flammarion a notamment publié Le Rêve le plus doux (2004), Les Grand-mères (2005), Un enfant de l'amour (2007), et Alfred et Emily (2008).
MON AVIS:
Je découvre Doris Lessing avec ce roman.
C'est une histoire intéressante sur l'intégration d'une enfant métisse au sein d'une famille de la bonne société anglaise.Une famille moderne dans sa mentalité.
Il est bien retranscrit les difficultés des familles de couleur et la différence bien présente entre le monde des "blancs" et des "noirs" et les difficultés de passage d'un monde à l'autre.
J'ai bien aimé mais suis restée dépitée par la fin du roman, qui n'en est pas une pour moi.
Il manque la suite pour savoir ce qu'il advient de Mary à l'âge adulte.L'écriture quant à elle est agréable et m'incite à lire d'autres titres de cet auteur.
MA NOTE : 3.5/5

mardi 21 mai 2013

JOHN WILLIAMS - STONER


RESUME :
« Monsieur Stoner, monsieur Shakespeare s’adresse à vous à travers trois siècles. L’entendez-vous ? » Du jour où il est interpellé par son cassant professeur de littérature à Columbia, l’étudiant William Stoner, issu d’une petite communauté rurale, a une sorte d’illumination. 
En l’espace d’une seconde, il devient un autre et abandonne ses études d’agriculture pour bifurquer en littérature. Plongé dans les livres, il prend conscience de ce qu’il ignorait. 
A présent, il sait ce qu’il a choisi de devenir : un enseignant plutôt qu’un fermier. « Il se promenait dans les rayonnages de la grande bibliothèque de l’université parmi les milliers de livres et inhalait cette odeur de renfermé, de cuir, de toile et de papier jaunissant comme le plus exotique des encens. 
Parfois il s’arrêtait, sortait un ouvrage des rayons et le tenait un moment dans ses grandes mains tout émues de manipuler un objet si peu familier. La reliure, le dos, les planches si dociles… Puis il le feuilletait et attrapait un paragraphe ici ou là… Ses doigts malhabiles tournaient les pages avec le plus grand soin, terrifiés qu’ils étaient à l’idée d’abîmer ou de déchirer ce qu’ils avaient eu tant de mal à découvrir. » 
Récit ancré dans la recherche d’une vie menée en accord avec les convictions personnelles les plus profondes, Stoner réfute la notion de déterminisme social. Fourmillant de vues fines et de remarques ingénieuses, son style est à la fois direct, concis, et en même temps nimbé d’intime poésie.

Né pauvre dans une ferme du Missouri à la fin du XIX siècle, le jeune William Stoner est envoyé par ses parents — et au prix de quels sacrifices, à l’université pour y étudier l’agronomie. Hélas, ce grand garçon solitaire va découvrir les livres, la poésie et le monde de l’esprit. Il devient professeur et ne retournera jamais auprès des siens. 
La vie ne lui pardonnera pas cette trahison. 

L’auteur :
John Wiliams (1922-1994) a enseigné la littérature et l’art d’écrire pendant trente ans à l’université de Denver. Il est l’auteur de deux recueils de poèmes, d’une anthologie sur la poésie anglaise de la Renaissance et de quatre romans, dont Stoner, publié en 1965. 

Lu, aimé et traduit par Anna Gavalda
« Un roman si beau que j’ai demandé à mon éditeur d’en acheter les droits et une langue si belle que j’ai eu envie de la traduire.
L'interview d'Anna Gavalda sur la traduction 

MON AVIS :
Une formidable histoire personnelle d'un homme amoureux de la littérature et des belles lettres.
Malgré les épreuves de la vie qu'il doit affronter tant au niveau sentimental, familial que professionnel, Stoner se relève et continue d'avancer dans la vie, grâce à son amour inconditionnel pour la littérature.
Il aime son rôle de passeur de culture qui est le seul rempart à ses yeux, contre les difficultés du destin. 
A travers son rôle de passeur, on en apprend beaucoup sur l'histoire de la littérature, de la vie au sein d'une université, des codes et des coutumes qui y règnent.
Sa vie n'est pas joyeuse sauf ces instants volés au destin, avec Katherine, où il vit la gaieté de l'amour et de la littérature. 
Cependant, les obligations le rattrapent et il son bonheur n'est que de courte durée.
Stoner est un homme qui s'oblige à rester digne, qui enfouit ses peurs, craintes, tristesse, mécontentement, craintes, désirs, colère, joie, au fond de lui-même, afin de garder toujours une apparence calme.
Mais cet enfouissement fera le terreau de sa malheureuse fin.
Stoner a donc passé sa vie à se mettre en retrait pour les autres.
Cette histoire narre sa destinée, qui fut triste et passionnante à la fois, car intense et riche.
En y ajoutant un style d'écriture fin, fluide, poétique, on en fait un roman passionnant et une superbe lecture.
Merci Anna Gavalda de l'avoir traduit pour nous faire partager son coup de coeur, car c'est réussi.

Citations:
"...Ce premier travail de déchiffrage entrebaîlla la porte du monde infini qui s'offrait à lui.Il comprenait le rôle de la grammaire et percevait comment, par sa logique même, elle permettrait , en structurant un langage, de servir la pensée humaine.
... Et tout ça car tu as toujours attendu du monde qu'il soit quelque chose qu'il n'était pas et qu'il n'avait pas envie d'être.
Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si  vivants...
... Il est évident que durant ce travail, toute notre éducation passée, va dans une certaine mesure, nous mettre des bâtons dans les roues, car nos habitudes de pensée ainsi que l'idée même que nous avons de l'expérience comme facteur de connaissance, déterminent nos conceptions.
Il savait que plus jamais son rôle de passeur n'aurait la même valeur et s'y consacra absolument."

MA NOTE : 5/5

dimanche 12 mai 2013

FANNIE FLAG - BEIGNETS DE TOMATES VERTES

RESUME : Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée... Ninny, quatre-vingt-six ans, se souvient et raconte à Evelyn les histoires incroyables de Whistle Stop. Et Evelyn qui vit très mal l'approche de la cinquantaine et sa condition de femme rangée, découvre un autre monde. Grâce à l'adorable vieille dame, elle peut enfin se révéler, s'affirmer... Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour. Un baume au coeur, chaud et sucré.

L'auteur: Fannie Flagg est née en Alabama. Productrice, elle est également star du petit écran et a joué dans plus de cinq cents shows comiques. Sa carrière d'écrivain a débuté de façon brillante puisque, dès sa parution, Beignets de tomates vertes a battu tous les records de vente. Porté à l'écran, le livre a ému des millions de femmes de toutes les générations.

MON AVIS :

Une histoire bien vivante, campée dans la réalité de l'Alabama des années 1930. On y découvre la vie des propriétaires du Whistle Stop Café ainsi que de tous les clients habitués. 
C'est comme une grande famille, on suit la destinée de chacun, blanc, noir, mariés ou non, jeunes ou vieux, tous les personnages du Whistle Stop Café ont une histoire.
Cette histoire permet à la fois à Ninny et à Evelyn, l'une de ne plus se morfondre dans sa maison de retraite sans visites, et l'autre de sortir de son blues et de prendre confiance en elle.
Les souvenirs égrenés par Ninny sont passionnants, on vit avec eux et différents thèmes y sont abordés : la différence blancs, noirs, la pauvreté, le Ku Klux Klan, la maternité, la violence conjugale, l'indépendance des femmes, l'entraide, l'amitié, l'amour, la maladie, etc.
Fannie Flag réussit à rendre vivant et dynamique ces évènements, par l'alternance de la narration entre les souvenirs de Ninny, la gazette de Dot Weems, et la vision d'Evelyn.
C'est un roman passionnant qui traverse plusieurs époques et l'adaptation cinématographique est réussit également.

Les recettes du Whistle Stop Café par Evelyn Couch.(à venir)

MA NOTE :5/5
COUP DE COEUR 

dimanche 5 mai 2013

YANNICK GRANNEC - LA DEESSE DES PETITES VICTOIRES

Prix des Libraires 2013

RESUME :
Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.


L'interview de l'auteur

MON AVIS :
Un roman très intéressant, qui m'en a beaucoup appris sur l'Histoire des Mathématiques, et notamment du mathématicien Kurt Gödel.
A travers les souvenirs de sa veuve, se déroule l'histoire de Kurt Gödel, mathématicien ami d'Einstein.
Mais aussi, sa maladie, ses souffrances, et les difficultés endurées par sa femme Adèle. L'absence de maternité, le sentiment d'être une soignante toute sa vie, le manque de construction personnelle, et l'Histoire, car nos héros ont vécu pendant la deuxième guerre mondiale; font de ce roman, une histoire intéressante et passionnante.
En prenant le point de vue d'Adèle, l'auteur mêle habilement, sentiments, Histoire, histoire des Mathématiques. Le tout avec un style agréable et une écriture documentée.
Une agréable lecture qui ne concerne pas que les Mathématiques, mais une grande histoire au coeur de l'Histoire.

MA NOTE : 5/5
COUP DE COEUR 

ANTOINE LAURAIN - LE CHAPEAU DE MITTERRAND


Prix Relay SNCF 2012

RESUME:
Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s'approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême ? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d'autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980. Cette fable pleine d'esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux - celui de ressusciter une époque et, surtout, de mettre au jour à travers une galerie de personnages notre rêve commun : voir s'accomplir par magie nos désirs les plus secrets.

MON AVIS:
Un roman frais et agréable, une histoire autour du thème d'un objet fétiche, bien traité.
Le Président Mitterrand oublie son chapeau, un beau feutre dans une brasserie parisienne.
Alors commence le destin du chapeau, qui au fur et à mesure de ses différents propriétaires, va modifier le cours de leur destinée et l'améliorer.
Ainsi qui du parfumeur recrée un parfum star, de la jeune femme qui devient écrivain et libraire, du comptable devenant responsable etc.
Chaque voyage du chapeau est différent, il s'envole au gré des histoires, tout en restant un objet doux et attachant. 
Il permet à chacun, en lui attribuant des vertus magiques, de se motiver, d'avoir l'audace d'y arriver et par là-même d'influer le cours de son destin.
Le contexte historique est celui des années 80 et on y retrouve les chansons de cette période ainsi que les us et coutumes de la vie quotidienne.
Le style de l'auteur, quant à lui,  est alerte, rythmé et doux à la fois.
C'est un joli conte moderne où la fin remet dans son contexte original le chapeau.Pour conclure, une lecture agréable de printemps.

Pour en savoir plus sur l'aventure du chapeau : le blog de l'auteur

MA NOTE:4/5

 RESUME : « Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes...