mercredi 15 août 2012

MICHELE LAJOUX - LE CRIME DE LA RENARDE

RESUME:

 À certains moments, je redeviens comme quand j’étais enfant, je ne sais plus que je suis là, c’est ensuite comme un trou dans ma vie.

À l’école, je le faisais exprès. On me disait que j’étais toujours dans la lune. En fait, je n’allais jamais dans la lune, je n’ai jamais été tentée. Je rentrais en moi, je trouvais que c’était beaucoup plus intéressant. Je m’imaginais que je circulais dans mon cerveau pour y découvrir de quoi j’étais faite. Certains endroits étaient fermés à clé, jamais je n’ai pu y entrer, j’étais vraiment agacée. Au moment où je sentais que la serrure allait céder, le prof me criait dessus et tout était à recommencer. »
Cendrine, 23 ans, condamnée à vingt-cinq ans de prison pour le meurtre de son fils.
La jeune femme, qui n’aime pas s’exprimer sort progressivement de sa chrysalide. Du cahier bleu au cahier rouge, elle se cherche sans vraiment savoir où elle va. C’est le cahier noir qui lui apportera la révélation.

Michèle Lajoux brosse ici le portrait d’une jeune adulte blessée dans son enfance qui se reconstruit.
Plus qu’un roman sur l’infanticide, Le Crime de la Renarde exprime avec sensibilité, audace et pertinence le drame de la banalité et de l’isolement. Une colère vive, introspective, acérée, bousculant les idées reçues.
Toute vie est un fait divers…

MON AVIS :
Un sujet difficile, l'infanticide pour une lecture émouvante.
Cendrine, de sa cellulle, apprend à relater et décrire les évènements de sa vie qui l'ont amené à commettre cet acte.
On se retrouve face à une personne sans repères, avec des failles non cicatrisées. Une adolescence brisée par des viols, la honte, le non-dit.
Un passage à l'âge adulte  difficile, en ne sachant pas quelle est sa place, ses nouvelles responsabilités de parent, ni vers qui parler de ses problèmes.
C'est en prison, pour 25 ans, et suite à l'irréparable, que Cendrine va apprendre grâce aux médecins, à démêler l'écheveau des sa vie et de ses fêlures.
C'est un récit sensible, triste, émouvant, servit par une écriture respectueuse.
Une lecture intéressante mais dont on ne sort pas indemne.

MA NOTE:4/5
Citations:
"Les mères renardes. Quand elles savent qu'elles ne pourront pas les nourrir, que la vie seraient trop difficile pour eux, elles les tuent.
Ma vie avait toujours été ainsi, connexions incomplètes, sensations fugaces, émotions à moitié éprouvées, réalité à peine vécue.

Les souvenirs sont des fils d'araignée, si on tire trop fort, ils cassent mais ensuite on en retrouve les bouts collés partout, emberlificoté dans les méandres des galeries du cerveau."

Je remercie chaleureusement l'équipe de Chroniques de la Rentrée Littéraire pour cette belle découverte.










2 commentaires:

  1. il est sur ma PAL depuis un moment.. je l'ai commencé mais j'ai du mal à accrocher, peut être le sujet qui me dérange... mais promis je retente dès que j'ai terminé celui qui est en route.

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