Affichage des articles dont le libellé est LITTERATURE IRLANDAISE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est LITTERATURE IRLANDAISE. Afficher tous les articles

mardi 9 août 2022

COLUM McCANN - APEIROGON

RESUME : 

Apeirogon
Une figure géométrique au nombre infini de côtés.
En son cœur, deux pères.

Un palestinien, un israélien, tous deux victimes du conflit, qui tentent de survivre après la mort de leurs filles. Abir Aramin, 1997-2007. Smadar Elhanan, 1983-1997. Il y a le choc, le chagrin, les souvenirs, le deuil. Et puis l’envie de sauver des vies. Ensemble, ils créent l’association « Combattants for Peace » et parcourent le globe en racontant leur histoire pour susciter le dialogue.
Et un nombre infini de côtés.

Toutes les facettes d’un conflit, qui est à la fois historique, politique, philosophique, religieux, musical, cinématographique, géographique. Une tragédie infinie qui happe le lecteur, l’absorbe, lui donne une responsabilité et l’engage à comprendre, à échanger, pour entrevoir un nouveau futur. Une tentative d’apaisement.

MON AVIS : 

Un énorme coup de coeur pour ce grand roman, empli d'émotions.A partir d'une histoire vraie de l'amitié entre un Palestinien et un Israélien, ayant tous deux perdu leur fille, lors d'attentats, l'auteur utilise touts les facettes de la figure géométrique : Apeirogon, pour nous raconter les arcanes du conflit, une superbe amitié, et surtout comment surmonter sa douleur, sa haine, pour la transformer en résilience.

Un excellent roman, servi par une écriture vivante,vibrante, riche en émotions.

MA NOTE : 5/5


jeudi 12 janvier 2017

PAULA MC GRATH - GENERATION

RESUME :
Il y a une ferme au coeur de l'Illinois – de ces grandes fermes bio où se croisent travailleurs mexicains à peine régularisés et jeunes "wwoofeurs" venus d'Ecosse ou de Norvège prêter leurs bras contre le gîte et le couvert.
Là, se trouve Joe Martello, ours trentenaire au roman familial épique, ancien pianiste prodige devenu agriculteur sans raison apparente.
Joe est une énigme qu'Aine cherche à percer.
Ils se sont rencontrés sur Internet, et, après un premier séjour seule, Aine y retourne pour six semaines avec sa petite Daisy.
Mais, sur place, rien ne se passe comme prévu.
Joe et la ferme sont remplis d'ombres – et pas seulement celles des chauves-souris qui pullulent au grenier : une mère prof de piano obèse qui a noyé dans les kilos le souvenir des cris nazis, son petit élève germano-japonais, caniche savant de sa mère perfectionniste, une ancienne camarade de fac qui hésite à changer de trottoir quand Joe approche... 
Le jour où elle met la main sur un ordinateur caché, Aine comprend qu'elles doivent rentrer au plus vite en Irlande. 
Des années plus tard, sa fille, partie à Chicago sur les traces de son grand-père, fera de nouveau tourner ce kaléidoscope de trajectoires brisées.

MON AVIS :
Une histoire intrigante, émouvante, passionnante.
Comment des faits survenus dans les anciennes générations, passent d'une génération à l'autre, inconsciemment, avec des non-dits et des secrets.
Quand la fille d'Aine retourne sur les traces de son passé familial, c'est à la rencontre de son grand-père, qu'elle va rencontrer l'histoire de la famille et ses secrets.
Cette découverte amènera des embûches et des écueils, et c'est la façon dont elle va les surmonter et les accepter qui est très intéressante.
C'est avec une écriture sèche, rapide, vivante, que le suspens est maintenu et le lecteur accroché.
C'est un excellent premier roman, d'une auteur à suivre.

MA NOTE : 4/5

lundi 5 octobre 2015

COLM TOIBIN - LE TESTAMENT DE MARIE

Couverture 1
Couverture 2

RESUME:
« C'est un livre court, mais aussi dense qu'un diamant. »
Irish TimesIls sont deux à la surveiller, à l'interroger pour lui faire dire ce qu'elle n'a pas vu. Ils dressent de son fils un portrait dans lequel elle ne le reconnaît pas et veulent bâtir autour de sa crucifixion une légende qu'elle refuse. Seule, à l'écart du monde, dans un lieu protégé, elle tente de s'opposer au mythe que les anciens compagnons de son fils sont en train de forger. Lentement, elle extirpe de sa mémoire le souvenir de cet enfant qu'elle a vu changer. En cette époque agitée, prompte aux enthousiasmes comme aux sévères rejets, son fils s'est entouré d'une cour de jeunes fauteurs de trouble infligeant leur morgue et leurs mauvaises manières partout ou ils passent. Peu à peu, ils manipulent le plus charismatique d'entre eux, érigent autour de lui la fable d'un être exceptionnel, capable de rappeler Lazare du monde des morts et de changer l'eau en vin. Et quand, politiquement, le moment est venu d'imposer leur pouvoir, ils abattent leur dernière carte : ils envoient leur jeune chef à la crucifixion et le proclament fils de Dieu. Puis ils traquent ceux qui pourraient s'opposer à leur version de la vérité. Notamment Marie, sa mère. Mais elle, elle a fui devant cette image détestable de son fils, elle n'a pas assisté à son supplice, ne l'a pas recueilli à sa descente de croix. À aucun moment elle n'a souscrit à cette vérité qui n'en est pas une.

MON AVIS :
Ce roman nous raconte la vie de Jésus, à travers les yeux de sa mère.
On vit le ressenti d'une mère face à son fils, qui devient inaccessible, protecteur, se sacrifiant pour le plus grand nombre et améliorer leur devenir.
C'est émouvant de lire comment elle se retrouve sans moyens de changer le destin, et comment l'engrenage final est déjà en place.
En effet, le pouvoir présent ne voyait pas d'un bon oeil, qu'un orateur acquiert à sa cause autant d''habitants, au risque de pouvoir démettre le pouvoir en place.
C'est un récit intéressant, synthétique et fort, qui permet d'imaginer un point de vue différent et qui remet en valeur le rôle de Marie.
Concernant les couvertures du roman, je préfère la première, qui, à mon sens, représente le contexte du désert, de la chaleur, de la mère et de son essai de protéger son fils, par son voile protecteur.

MA NOTE : 3.5/5

dimanche 3 juin 2012

CLAIRE KEEGAN - LES TROIS LUMIERES

RESUME :
Par une radieuse journée d été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de lIrlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte : il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant.
Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu dadultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui lentourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et sépanouit dans laffection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins. Certains détails lintriguent : la manière dont Mrs Kinsella lui propose daller puiser de leau, les habits de garçon dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle
Claire Keegan excelle à éveiller lattention de son lecteur sur ces petites dissonances où transparaissent lambiguïté et le désarroi de ses personnages, si maîtres deux-mêmes. Et, dans cet envoûtant récit, le regard dune enfant basculant à son insu dans le monde mystérieux des adultes donne toute sa force dramatique à la part cachée de leurs existences.



MON AVIS :
Un roman rural et irlandais. 
Ce roman que l'on pourrait qualifier de nouvelle est empreint de douceur et de lumière.
Douceur, car Pétale accueillie chez les Kinsella, pendant que sa mère accouche, découvre un couple accueillant, bienveillant et chaleureux.
Lumière, car l'Irlande est décrite avec les odeurs, le toucher. On y ressent et sent les habits fleurant bon le frais, l'odeur de l'herbe grasse et l'amour maternel et paternel distillé.
Tout est empreint de sensibilité, à travers une écriture poétique.
Cependant, un bémol est à apporter qui concerne l'atmosphère de mystère autour du petit garçon des Kinsella. Et malgré l'orientation donnée à la fin du roman, le lecteur reste devant le doute.
En conclusion, une lecture agréable.

MA NOTE : 2.5/5

samedi 8 janvier 2011

SUSAN FLETCHER - UN BÛCHER SOUS LA NEIGE

SUSAN FLETCHER - UN BÛCHER SOUS LA NEIGE




La vallée de Glencoe en hiver

Représentation du site du massacre
RESUME :
Au coeur de l'Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi. Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir, à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.


MON AVIS :


Un très beau roman glacé et émouvant, servi par une superbe écriture.
Chaque chapitre porte le nom d'une plante,avec sa vertu expliquée, issu de L'Herbier Complet de  Nicholas Culpeper (1653-herboriste apothicaire anglais)
-"de la Pivoine :La graine noire soigne aussi ceux qui ont le sommeil pertubé par la maladie nommée Ephilates ou Incubus, mais que nous appelons communément cauchemar."
-"de l'Aulne :Ses fleurs appliquées sous les pieds nus écorchés par une longue marche procurent un grand soulagement"
-"du Sureau : Considérez le comme un trésor"
-"de la Rose : La confiture mélangée à de l'Aromaticum Rosarum est un très bon cordial contre les évanouissements, pâmoisons, faiblesse et palpitations du coeur".


Car Corrag, dévoile son récit en dévoilant petit à petit son sac de plantes guérisseuses.
Et Charles Leslie, qui au début s'est fié à l'apparence et à la réputation du mot "sorcière, gueuse", apprend que l'apparence n'est pas le fond du coeur et nous en fait part, au fil de l'écriture de ses lettres à sa femme.


Il s'attache à Corrag, et découvre sa vie de fuite, de refuge dans les Highlands, son intégration et son attachement au sein du clan des MacDonald, ses dons de guérisseuse, son amour de la nature et de l'être humain.


On y apprend quelles ont été les circonstances ayant entraîné le terrible Massacre de Glencoe, et les efforts déployés par Corrag, pour parvenir à sauver le plus grand nombre.
La fin quant à elle est renversante et magique et on ne doute plus des qualités humaines.


Le tout avec une écriture belle, magique, envoûtante.
Seule la couverture, à mon goût n'est pas jolie et ne reflète pas le contenu.
C'est un beau voyage que m'a offert cette lecture et je vous invite à vous y plonger, si vous aimez les légendes écossaises.


Pour en savoir un peu plus sur le massacre de Glencoe 


Merci à Doriane pour avoir fait voyager cet émouvant  et très beau roman.


MA NOTE :5/5

dimanche 15 février 2009

KATHY O'BEIRNE - L'ENFER DE KATHY


KATHY O'BEIRNE - L'ENFER DE KATHY

RESUME
Ce n'est qu'en 1996 que la dernière laverie des sœurs de Marie-Madeleine d'Irlande fut fermée. Pendant plus de 150 ans, ces institutions dirigées par des ordres religieux ont, sous couvert d'accueillir et de sauver les jeunes filles dites "perdues", exploité la faiblesse et l'ignorance de plus de 30 000 femmes. À voir, The Magdalene Sisters, de Peter Mullan, qui retrace ce drame de l'histoire dont l'Irlande ne s'est toujours pas remise.

Incroyable et pourtant vrai ! Ce témoignage choc sur les maltraitances et les abus infligés à des milliers d'enfants dans ces institutions de l'Irlande du XXe siècle censées les protéger. Il était temps que la parole soit enfin donnée aux victimes.

L’enfer, Kathy ne craint pas d’y aller, elle y a vécu toute son enfance. Après diverses institutions, elle est placée dans une laverie des sœurs de Marie-Madeleine, véritable bagne où elle prie et travaille du matin au soir pour expier ses fautes. Mais de quels péchés doit se repentir une enfant dont le seul tort est de subir, impuissante, les outrages les plus indicibles ?

MON AVIS
Bien que des détracteurs existent pour dire que Kathy a inventé son histoire, je pense qu'elle est vrai et que cela a du être très difficile pour elle de l'écrire.

Car, que de souffrances et de martyres physiques et mentaux qu'elle a vécu au 20ième siècle, il ne faut pas l'oublier.Avec personne pour la croire, la protéger, la réconforter, lui donner des vrais repères.Que des adultes qui ont abusés d'un enfant, des MONSTRES en fait.

Et malgré tout, grâce à l'amour qu'elle sait que sa mère lui porte, elle se pousse vers le futur et essaie comme elle peut de venir à bout, adulte, de ses cauchemars.

Cette lecture est bouleversante, elle m'a fait pleurer et m'a remuée.

C'est dur mais nécessaire pour soutenir son combat de reconnaissance des martyres des enfants irlandais abusés et utilisés en esclavage dans les laveries des Soeurs Marie-Madeleine.

Merci à Méria pour le prêt et pour son avis http://meria.canalblog.com/archives/2009/01/11/12046821.html#c21604884

MA NOTE :5/5

 RESUME : « Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes...