dimanche 23 février 2020

BEATRICE FONTANEL - DANS LA TETE DE MON MAITRE

RESUME :
Par un hasard miraculeux, Balthazar Janvier, enfant abandonné, devient le domestique dévoué de Lavoisier, père de la chimie moderne, homme encyclopédique : minéralogiste, météorologue, agronome, régisseur des poudres et salpêtres…
Éduqué grâce à la générosité de son maître, Balthazar devient un Sganarelle de laboratoire, ébahi des expériences auxquelles il assiste. Mais ce domestique astucieux sera aussi le témoin des événements de son temps, au moment où la Révolution française s’emballe. Narrateur candide au cœur de la Terreur, il fera au lecteur le récit picaresque autant que tragique de la dernière année de vie de son maître.
Le 24 novembre 1793, sous le coup d’un mandat d’arrêt, le chimiste se cache un temps dans Paris. Une nuit durant, Balthazar le conjure de s’exiler. Son maître décide de se livrer. Sans répit, le fidèle valet court Paris pour apporter au Comité de sureté générale la pétition signée par des savants en faveur de son maître. Rien n’y fait. Une dernière chance subsiste. C’est sans compter sur les passions humaines, exacerbées par la Terreur. La peur rôde dans chaque rue de Paris, dans chaque intérieur également, la frénésie, la folie, l’urgence sont racontées à hauteur d’homme, par ce jeune homme simple, qui est témoin de l’Histoire en train de broyer un monde, pour construire notre République. Mais elle coûte cher, cette liberté.


MON AVIS : 
Un roman trépidant, vivant, et associé à la Révolution Française. On y suit l'histoire de Bakthazar, que Mr Lavoisier pris à son service et qui nous permet de suivre à travers sa vision de la vie quotidienne, les évènements de la Terreur, et les impacts que cela a entraîné sur la vie de Lavoisier et sa maisonnée.
Balthazar est un témoin intéressant, car il cotoie à la fois le beau monde et le bas monde. Il voit donc les difficultés d'alimentation, de logement, de travail, de peur de dénonciation, mais aussi, les difficultés à prouver son innocence malgré sa place dans la société, place aléatoire, et qui obligent certains à quitter le pays.
C'est bien écrit, facile à lire, attachant, car c'est Balthazar qui raconte, et montre aussi l'attachement à son maître, bon, intègre, et n'acceptant pas d'aide, dévoué à la science et aux recherches.
Au final, une très bonne lecture, agrémentée d'une superbe couverture qui montre bien la période trouble et terrible de l'après-révolution.

MA NOTE : 5/5
Interview de l'auteur 
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lundi 17 février 2020

CHO NAM-JOO - KIM JIYOUNG NEE EN 1982


RESUME:
En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d'une écriture précise et cinglante, Cho Nam-joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. 


Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun - le plus donné en Corée du Sud en 1982, l'année de sa naissance.
Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. 
Elle a un travail qu'elle aime mais qu'il lui faut quitter pour élever son enfant. 
Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d'autres femmes. 
Que peut-il bien lui être arrivé ?
Mais qu'on ne s'y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée - elle est le miroir de la condition féminine tout court.

MON AVIS :
Un très bon roman, qui montre bien, sous toutes les coutures, la condition féminine en Corée du Sud, mais également, dans le reste du monde.
Ainsi, Kim Jiyoung, issue d'un milieu social favorisé et favorisant l'émancipation et l'autonomie, permet à Kim Jiyoung de faire d'excellentes études, qui lui plaisent.
A la recherche de son premier emploi, les déconvenues commencent, toutes liées subtilement au fait que cela soit une femme : candidature non retenue, missions confiées inintéressantes, salaire non réévalué.
Tout cela, car une femme, sera une maman, et de ce fait, arrêtera son travail, suite à la pression sociale et familiale, d'être une bonne mère, en élevant son enfant, surtout si le mari a un salaire suffisamment élevé pour assumer le foyer.
Telle est la condition, qui petit à petit se met en place pour Kim Young, malgré un mari ouvert à l'émancipation féminine, aidant et aimant.
C'est intéressant, car c'est un roman, mais on pourrait aussi l'apparenter à des situations vécues et cela montre le chemin que doivent encore faire les mentalités et la société pour accéder à de l'égalitaire.

Article sur la sortie du film tiré du livre 

MA NOTE :5/5


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mercredi 12 février 2020

GAELLE NOHANT - LA FEMME REVELEE

RESUME :
Paris, 1950. Eliza Donneley se cache sous un nom d’emprunt dans un hôtel miteux. 
Elle a abandonné brusquement une vie dorée à Chicago, un mari fortuné et un enfant chéri, emportant quelques affaires, son Rolleiflex et la photo de son petit garçon. 
Pourquoi la jeune femme s’est-elle enfuie au risque de tout perdre ?
Vite dépouillée de toutes ressources, désorientée, seule dans une ville inconnue, Eliza devenue Violet doit se réinventer. 

Au fil des rencontres, elle trouve un job de garde d’enfants et part à la découverte d’un Paris où la grisaille de l’après-guerre s’éclaire d’un désir de vie retrouvé, au son des clubs de jazz de Saint-Germain-des-Prés. 
A travers l’objectif de son appareil photo, Violet apprivoise la ville, saisit l’humanité des humbles et des invisibles.
Dans cette vie précaire et encombrée de secrets, elle se découvre des forces et une liberté nouvelle, tisse des amitiés profondes et se laisse traverser par le souffle d’une passion amoureuse.
Mais comment vivre traquée, déchirée par le manque de son fils et la douleur de l’exil ? 

Comment apaiser les terreurs qui l’ont poussée à fuir son pays et les siens ? 
Et comment, surtout, se pardonner d’être partie ?
Vingt ans plus tard, au printemps 1968, Violet peut enfin revenir à Chicago. 

Elle retrouve une ville chauffée à blanc par le mouvement des droits civiques, l’opposition à la guerre du Vietnam et l’assassinat de Martin Luther King. 
Partie à la recherche de son fils, elle est entraînée au plus près des émeutes qui font rage au cœur de la cité. 
Une fois encore, Violet prend tous les risques et suit avec détermination son destin, quels que soient les sacrifices.
Au fil du chemin, elle aura gagné sa liberté, le droit de vivre en artiste et en accord avec ses convictions. 

Et, peut-être, la possibilité d’apaiser les blessures du passé. 
Aucun lecteur ne pourra oublier Violet-Eliza, héroïne en route vers la modernité, vibrant à chaque page d’une troublante intensité, habitée par la grâce d’une écriture ample et sensible.

MON AVIS :
Un superbe roman, comme l'auteur sait si bien les écrire et nous embarquer à la suite de ses héros.
Cette fois-ci, nous suivons Eliza-Violet, quittant une vie rigide et malheureuse, mais en devant se séparer de son enfant, afin de le protéger.
En mettant un océan entre sa première et sa deuxième vie, c'est bien de deux façons opposées qu'elle va vivre. 
Autant, la première ne donnait pas de place à la liberté, autant la deuxième,  à l'aide de son appareil photo, elle va saisir une liberté d'expression et d'audace, toute nouvelle pour elle.
On y croise aussi les évênements de la guerre du Vietnam, Martin Luther King, les évolutions des mentalités.
Mais également, les grands reportages de presse et les photographes, sachant saisir des moments de vie, de batailles, d'espoir.
Sans oublier une belle histoire de sentiments profonds et attachants,filiaux, amoureux, d'amitié.
Une belle histoire et une couverture qui montre bien ce que Violet arrive à faire de sa vie.

MA NOTE : 5/5
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dimanche 2 février 2020

MATHIEU MENEGAUX - DISPARAITRE

RESUME : 
Une jeune femme met fin à ses jours à Paris, dans le XVIII° arrondissement.
Un homme est retrouvé noyé sur une plage, à Saint-Jean Cap Ferrat, sans que personne soit en mesure de l’identifier : le séjour en mer l’a défiguré, et l’extrémité de chacun de ses doigts a été brûlée.
Quel lien unit ces deux affaires ? 

Qui a pris tant de soin à préserver l’anonymat du noyé, et pour quelles raisons ? 
Qu’est-ce qui peut pousser un homme ou une femme à vouloir disparaître ?
Avec ce roman impossible à lâcher, Mathieu Menegaux rejoint ceux qui pensent que les histoires d’amour finissent mal, en général.


MON AVIS :
Un roman court mais prenant, écrit comme un thriller psychologique, et qui nous montre les affres et la torture de la passion amoureuse.
Comment deux personnes arrivent à se suicider, suite à une passion courte et sexuelle, mais sans amour réciproque, ce qui amène à la torture mentale.
C'est bien écrit, vif, et décortique bien les ressentis émotionnels de chacun des personnages, ayant trouvé chacun, un exhutoire à leur mal-ëtre dans cette relation.
Malheureusement, la relation étant faussée, car pas établie sur des bases amoureuses, elle finit mal, car le caractère des héros du roman, est fragile et construit sur le paraître et le regard des autres.
Une excellente lecture, qui fait réfléchir aux sentiments amoureux et à leurs impacts.

MA NOTE : 5/5 
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lundi 27 janvier 2020

VANESSA SPRINGORA - LE CONSENTEMENT

RESUME :
Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. 
A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. 
Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte.
Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin " impérieux " de la revoir.
Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal.
Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. 
Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque.
Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables.
Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire.
V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
" Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre " , écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.
Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse.
Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

MON AVIS : 

Un témoignage de victime de pédophilie, triste mais neutre, sans empathie, accusation, c'est un constat que fait l'auteur, avec une distance par rapport aux faits, qui l'ont profondément meurtrie.
C'est émouvant, poignant, de voir cette jeune fille, à la recherche d'un amour parental, tombée dans les filets d'un écrivain pédophile, ne s'en cachant pas, et qu'on laisse faire la situation, malgré quelques dénonciations, non suivies. 
On se demande où se trouvait les enquêtes sociales, les psychologues scolaires, suite à ses nombreuses absences de mineure.
Il faut se remettre dans le contexte des années 80, où la parole n'était pas  trop écoutée, surtout quand la victime, ne se rend pas compte, qu'elle est victime et croit vivre un amour pur de jeunesse.
Car c'est de sa jeunesse, de son insouciance dont elle est privée, volée, car inscrite dans le journal intime de l'écrivain, qu'il publie.
C'est un témoignage intéressant pour les générations futures, qui montre, que l'innocence de l'âge doit être protégée, des manipulateurs, pervers, pédophiles, qui sous l'image attirante de rassurer, cherchent avant tout, à satisfaire leur perversion et leur emprise mentale.

Citations: 
"Il m'en aura fallu du temps, pour me laisser aller avec un homme, sans l'aide de l'alcool ou des psychotropes"

MA NOTE : 4/5
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samedi 25 janvier 2020

CLARA DUPONT-MONOD - LA REVOLTE

RESUME :
« Sa robe caresse le sol. À cet instant, nous sommes comme les pierres des voûtes, immobiles et sans souffle. 
Mais ce qui raidit mes frères, ce n’est pas l’indifférence, car ils sont habitués à ne pas être regardés ; ni non plus la solennité de l’entretien – tout ce qui touche à Aliénor est solennel. 
Non, ce qui nous fige, à cet instant-là, c’est sa voix. Car c’est d’une voix douce, pleine de menaces, que ma mère ordonne d’aller renverser notre père. »
En 1173, Aliénor d’Aquitaine pousse trois de ses enfants à la rébellion contre le roi d’Angleterre, son époux. 

La voici racontée par son fils, Richard Cœur de Lion, dans une œuvre pétrie de poésie et de cruauté. Un regard qui révèle deux personnages pleins d’amour, d’honneur et de violence et tiraillés par leurs passions – ambition, haine, loyauté.

MON AVIS : 
Une histoire engagée, de vengeance, de violence et de passion pour le pouvoir.
Mais également, la recherche d'amour et de reconnaissance de la part d'Aliénor, envers son mari Plantagenêt; mais aussi de Richard Coeur de Lion, envers ses parents.
Ce roman montre aussi l'emprise, la crainte qu'inspire Aliénor, à ses fils, qui n'hésitent pas à porter les armes contre leur père, et à valoir un emprisonnement durant de longues années à Aliénor.
On y voit que cette figure, haute en couleurs, d'orgueil, de passion, de pouvoir, d'amour, d'idéal, sut utiliser les troubadours et les poètes, afin de faire connaître son histoire par delà le temps et les époques.
C'est une belle lecture, bien écrite, par un ton rythmé, vif, vivant, assorti d'une magnifique couverture aux reflets dorés, qui rendent bien hommage à cette grande dame, du Moyen-Age, ayant osé affronté les diktats des hommes et conserver ses terres d'Aquitaine.

MA NOTE : 5/5

jeudi 23 janvier 2020

JEAN-YVES REVAULT - AUTOTHERAPIE PAR L'ECRITURE -ECRIRE POUR S'EPANOUIR

RESUME :
Découvrez comment, par la magie de l’écriture, il est possible de guérir de vos « bleus de l’âme », de vos traumatismes et de vos manques d’amour. 
Vous recherchez une méthode qui vous permettrait d’extérioriser votre mal-être ? 
Vous écrivez régulièrement mais n’arrivez pas pour autant à éveiller votre pouvoir d’autoguérison ? 
Ce livre vous accompagnera à chaque étape de l’écriture – du syndrome de la page blanche à l’analyse de vos textes personnels – faisant de vous votre propre thérapeute. 
L’important est d’écrire « vrai », avec le cœur, en choisissant le genre qui vous convient le mieux (témoignage, dialogue, etc.) puis en apprenant à lire entre vos lignes. 
La clé principale pour vous libérer de vos carcans et (re)trouver une pleine estime de vous-même réside dans l’analyse et la compréhension de vos textes. 
Avec l’écriture, tout est possible : réparer le passé, inventer l’avenir, vivre pleinement le présent. « L’écriture nous conduit sur le chemin le plus simple et le plus complexe, celui de la réalisation de soi. » Jean-Yves Revault est le fondateur de la Thérapie par l’écriture (1992), méthode de édveloppement personnel qui se pratique par correspondance. 
Il anime également des stages d’écriture, en France et en Suisse, dont le fameux stage d’écriture primitive et donne des conférences sur l’écriture libératrice. 

MON AVIS :
Un essai qui explique comment l'écriture peut être une forme de soin, de dépassement de ses peurs et traumatismes, de ses rancoeurs, colères, tout ce que nous avons enfoui au fond de nous pour éviter de le traiter.
L'auteur explique, à travers une méthode simple: écrire sans se donner de contraintes d'écriture; comment on réussit à sortir des profondeurs de notre Moi, les éléments qui nous font du mal et comment par la libération de l'écriture, on se libère également.
C'est simple d'accès, facile à lire, et agrémenté d'exemples.
Une lecture instructive.

Citations:
"Quand on s'aime soi, quand on ne se laisse plus influencer par les autres, il n'est plus nécessaire de se défendre d'eux.
Celui qui fuit la réalité, n'utilise pas le potentiel d'expérience et d'enseignement, que la vie lui propose. 
Le mot peut apaiser, il peut aussi détruire.
Quand le mot commence à entrer en relation avec les vérités profondes, dont l'être est porteur, il accomplit alors sa tâche de libération et de guérison.
L'important, est, que dans tous les cas, la libération obtenue touche la source du mal-être."                                                                                                                             
MA NOTE : 4/5