jeudi 9 décembre 2021

ANNE REVAH - L'INTIME ETRANGERE

RESUME :

Tu as passé du temps dans un monde inconnu, peuplé de certitudes incongrues, monstrueuses, désorganisées et pourtant limpides, brutales et intraitables. 

Un monde dont tu as cru sans douter qu’il était réel, imposant, et dont la réalité fait mal à en crever. C’est arrivé. 

C’est aussi simple que ça, c’est arrivé. Après ça, tu vas changer, on change forcément après un voyage pareil, et puis le regard des autres sur toi va changer, ce n’est pas pareil d’avoir été folle ou de ne jamais avoir été folle. 

Suzanne Reinhold est psychiatre : la maladie mentale, elle connaît bien, très bien même, mais chez les autres, ses patients. 

De la même façon, le ' syndrome de Cotard ' lui était familier, une forme grave de mélancolie délirante. Rien ne laissait présager que Suzanne passerait de l’autre côté et vivrait la folie, et plus encore la ferait vivre à ses proches.

L’intime étrangère est le récit bouleversant de cette traversée radicale. Mise à nue, exploratrice de sa propre renaissance, elle restitue avec force ce voyage à peine croyable. Femme, mère, compagne, il lui faut retrouver sa place, par delà des semaines de traitement, d’hospitalisation, les électrochocs, et les rencontres inattendues et précieuses.

MON AVIS : 

C'est un récit fait par Suzanne, psychiatre et ses proches, suite à sa maladie psychiatrique: le syndrome de Cottard, qui fait qu'elle ne sent plus ses organes, les voit sur les murs et est dépersonnalisée de sa vie, de son corps et de ses actes.

C'est par ses proches, et l'équipe médicale, ainsi que la malade, que l'on suit sa découverte de la maladie, ses symptômes, l'impossibilité de rester chez soi, l'aide médicale en hôpital psychiatrique, jusqu'aux électrochocs, pour se soigner et reprendre une vie normale, avec l'aide des médicaments et des médecins.

C'est touchant, émouvant, et l'on se rend compte, que c'est compliqué, pour le malade et les proches, ne connaissant pas la maladie, ne sachant pas comment y faire face.
Mais également, comment la guérison et la stabilisation peut advenir grâce à l'aide médicale et le suivi.
Un récit intéressant, facile à lire, et bien écrit.

MA NOTE : 4,5/5

lundi 6 décembre 2021

ANNA WIENER - L' ETRANGE VALLEE

RESUME : 

2013, l’an 37 après Steve Jobs. Facebook vient d’entrer en Bourse avec une valorisation de cent milliards de dollars, Apple va le faire bientôt pour dix fois plus. Les jeunes, brillants et fougueux, patrons de la Silicon Valley promettent au monde entier, pour son bien, rien de moins que l’ultime révolution, non sanglante. Une nouvelle façon de vivre, de commercer et de communiquer : plus vite, tout le temps, avec tous.

Dans le vieux monde et dans ses vieux métiers, on s’ennuie ferme et surtout, on gagne petit. Alors, comme tant d’autres, Anna Wiener, vingt-cinq ans, quitte un emploi frustrant dans l’édition new-yorkaise et s’envole pour San Francisco et ses start-up spécialisées dans le Big Data.

Elle plonge dans le monde merveilleux de l’hyper-productivité souriante, de l’efficacité extravagante et de l’immédiateté surréaliste, aux mains de jeunes gens qui jonglent avec les millions et le verbe disrupter. 

On aurait dû se méfier. En anglais, il veut dire détruire. Que faire ? Invoquer le mantra « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ? Mais qui a lu Rabelais ? Et, de toute façon, dans la Vallée, personne ne vous entend crier.

Alors, Anna raconte, incisive, tantôt sardonique, tantôt candide, ses découvertes. Elle retrace le passage insensible de l’industrie de la Tech du statut de sauveur du monde autoproclamé à la tragique réalité de menace pour la démocratie doublée d’un rival de Wall Street. 

Son livre est un rare témoignage à la première personne qui pourrait s’intituler Les Illusions perdues 2016 – année de l’élection de Donald Trump, catastrophe dans laquelle les révolutionnaires susnommés ne sont pas innocents.

MON AVIS : 

La silicon Valley et ses starts-ups, vues de l'intérieur par une de leurs anciennes employées.
C'est lé récit du travail dans le Big Data, la valeur qu'une donnée et sont traitement apporte à une entreprise, l'argent généré, les salaires qui s'envolent vite, les heures de travail qui ne s'arrêtent pas.

C'est tout un univers particulier, où on a tout dans l'entreprise pour être à l'aise: code vestimentaire allégé, cafétéria offerte, petits open-space, mais où tout est codifié différemment, et où notre propre valeur et maintien de l'emploi dans l'entreprise est lié à notre capacité très rapide à augmenter le chiffre d'affaires de l'entreprise.

L'autrice s'étant rendue compte, qu'elle perdait certaines de ses valeurs personnelles, vivait le sentiment de solitude et dépressif; a quitté la vallée, ses codes, et ses starts-ups et autres licornes, pour revenir à des valeurs liées à sa personnalité propre.
Un récit intéressant, qui montre ces entreprises du futur de l'intérieur

MA NOTE : 4/5

vendredi 3 décembre 2021

KATIXA AGIRRE - PAS LES MERES

RESUME : 

C’est fou le nombre de choses que les mères ne font pas : boire, faire la fête, avoir une vie, voir du monde, écrire.

Alors qu’elle fait ses premiers pas balbutiants dans la maternité, une romancière à succès apprend qu’une de ses anciennes connaissances vient de noyer ses jumeaux. 

Le fait divers secoue toute l’Espagne, mais pour elle, l’histoire devient une obsession. Elle demande un congé sabbatique, non tant pour élever son enfant que pour se lancer dans une enquête vertigineuse sur ce crime.
Parmi les choses que les mères ne font pas, il y avait aussi tuer. Mais ça, c’était avant.

MON AVIS : 

Un récit sur l'infanticide et les raisons, amenant les mères à ce crime.

Effectivement, l'autrice démonte le rôle figé et attribué par la société de la mère sacrifiant tout pour son enfant. Mais c'est oublier, les dépressions post-partum, la solitude de maman, les peurs et angoisses, d'être mère, et de ne pas être à la hauteur.

Ces mères coupables d'infanticide, ont manqué de suivi psychologique, d'aide sociale ou médicale, c'est ce que montre aussi le récit.

L'autrice, met l'accent sur ces points, et montre que malheureusement, cela déjà existé par le passé, au Moyen-Age, dans d'autres pays.

C'est un récit intéressant, bien écrit, facile à lire, mais dur par le sujet abordé.

MA NOTE : 4/5

jeudi 11 novembre 2021

CLAIRE BEREST - BELLEVUE

RESUME : 

Alma se réveille à quatre heures du matin. 

Dans un hôpital psychiatrique. Deux jours plus tôt, elle fêtait ses trente ans. 

Écrivain prometteur, Alma est une jeune Parisienne ambitieuse qui vit avec Paul depuis plusieurs années ; tout lui sourit. 

Et, d'un coup, tout bascule. Son angoisse va l'emporter dans une errance aussi violente qu'incontrôlable et la soumettre à d'imprévisibles pulsions destructrices. Que s'est-il passé pendant ces quarante-huit heures ?

MON AVIS : 

Un roman qui nous raconte la crise délirante, d'une jeune femme Alma, qui le jour de ses trente ans, ne supportant pas , décompense psychologiquement, se retrouve à faire n'importe quoi, et de ce fait, se retrouve en hôpital psychiatrique.

On suit son ressenti psychologique, ses angoisses, ses peurs, ses insomnies.
Mais aussi, les raisons qui expliquent qu'elle en est arrivée à ce stade-là : la pression sociétale, professionnelle, le fait de se conformer à ce qu'on attend de nous, et non d'être nous-même.

C'est également sa lente remontée, son travail sur elle-même, avec l'aide des médecins, qui lui permettra de prendre un nouveau départ, plus solide dans sa vie, et avec ses propres envies, et sa personnalité profonde.

C'est un roman intéressant, qui permet d'aborder des maladies psychiatriques, qui peuvent concerner tout le monde.

MA NOTE : 4/5

lundi 8 novembre 2021

EMMA CLINE - HARVEY

RESUME : 
Harvey a mal partout. Le bracelet électronique n’arrange rien, il a les chevilles fragiles et craint de chuter dans l’escalier tapissé de la villa qu’on lui a prêtée. 
Demain c’en sera fini, il sera disculpé de tout ce qu’on lui a mis sur le dos dans le seul but de lui nuire. 
Dès demain il pourra se lancer dans de nouveaux projets. 
Entre deux coups de fil à ses avocats, avec lesquels il s’efforce d’être patient, il aperçoit Don DeLillo dans le jardin voisin. Adapter son chef-d’œuvre, Bruit de fond, au cinéma. Voilà.

C’est LE moment de faire ce film, braille-t-il au téléphone en attendant l’arrivée d’un médecin qui lui fera une perfusion, une nouvelle thérapie, à la pointe. 

Devant le miroir, Harvey songe qu’il doit se faire blanchir les dents. Il demandera à son assistante de lui prendre rendez-vous, et de lui trouver un restau où emmener DeLillo. 

Ah, et sa fille Kristin vient dîner ce soir avec Ruby, sa petite-fille. Tout le monde semble penser qu’il joue sa vie, demain. Il ne voit pourtant pas de raison de s’inquiéter, surtout quand il lit les commentaires de soutien sur internet – il y en a –, surtout après la perfusion qui le fait dériver dans l’espace. Il a tout le temps devant lui. 

MON AVIS : 

Un roman court et rapide à lire, qui nous montre la vie fictive d'Harvey Weinstein, avant son procès. C'est fictif, et donc l'autrice a imaginé ces heures, sa vie quotidienne, le fait qu'il ne craint pas le procès, ne voit pas ce qu'il a engendré de souffrance par ses actes. 

On le suit dans ses préparatifs pour un nouveau scénario, qu'il souhaiterait produire, du comportement de ses proches envers lui, de ses avocats et de ses médecins.

C'est intéressant cette fiction, et facile à lire.

MA NOTE : 3/5

samedi 6 novembre 2021

ROSE MCGOWAN - DEBOUT

RESUME :
« Au cours de ma vie, j’ai fui une secte toxique pour mieux tomber dans une autre, la plus puissante de toutes : Hollywood. »

Rose McGowan est une survivante.
Repérée dans la rue après des années d’errance puis propulsée au rang de star, elle est rattrapée par le rouleau compresseur d’un système intrinsèquement sexiste et violent. À chaque rôle, chaque apparition publique, chaque couverture de magazine, elle est marketée comme un produit destiné à faire vendre. 

Devenue le rouage d’une machine qui engrange des milliards de dollars chaque année, elle a le sentiment qu’on lui pirate son identité.
Hollywood attendait de Rose qu’elle soit docile. Au lieu de cela, elle s’est rebellée. Et elle a parlé.

DEBOUT est une autobiographie qui se lit comme un manifeste. Le récit cru, sincère et poignant d’une activiste déterminée à dévoiler la vérité sur l’industrie de l’entertainment.

MON AVIS : 

Ce récit est une autobiographie d'une actrice qui a osé.

Osé révélé la vérité sur l'envers du décor de la profession cinématographique, sur les Monstres qui y règnent, qui se croient ceux qui dirigent et commandent tout: du travail à la vie intime.
C'est un récit dur, touchant, écoeurant, par ces personnes monstrueuses, qui se sont crues intouchables, et qui grâce à Metoo, et aux témoignages, comme celui de Rose, sont tombées de leur piédiestal.

Cela montre également, l'envers du décor des films et séries, où l'acteur(actrice), est un objet de marketing, dont tout est prévu pour générer plus de business.

C'est un récit intéressant, à lire, et qui montre la force de l'autrice, pour révéler cette partie de sa vie.

MA NOTE : 4/5

jeudi 4 novembre 2021

GRINGE - ENSEMBLE ON ABOIE EN SILENCE

RESUME:
« Il y avait cet énorme chêne près des toilettes des garçons, sur lequel je reproduisais les coups de pied retournés du Chevalier lumière, pour envoyer un signal aux inconscients qui t’auraient cherché des noises. Il ne pouvait rien t’arriver. Tu avais un frère dans la cour des grands, qui maîtrisait en théorie les rudiments du karaté et qui veillait sur toi. En théorie. Dans la pratique, ta garde rapprochée laissait parfois à désirer »

Deux frères L'un, candide, l'autre, rageur. Leurs parents ont mis au monde la parfaite antithèse.
Quand Thibault fonce, Guillaume calcule.
Si Thibault tombe, Guillaume dissimule.
Prise de risque contre principe de précaution. L’amour du risque face à l’art de ne jamais perdre .

En 2001 Thibault est diagnostiqué schizophrène

À cela, un chevalier Lumière ne peut rien. Sa bascule, il fallait la raconter Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l’amour, les voyages, les rires, la musique et l’espoir. Alors, Thibault a accepté de livrer ses folles histoires Et ses voix se sont unies à celle de son frère.

Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille. À partir d’une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse.

MON AVIS : 

Une ode entre frères, la découverte de la maladie mentale de l'un, les difficultés au quotidien, que cela entraîne pour le malade et la famille. La culpabilité qui s'ensuit et ses conséquences.
C'est un récit doux, empreint d'amour fraternel, qui se lit facilement.

MA NOTE : 3,5/5