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lundi 27 janvier 2020

VANESSA SPRINGORA - LE CONSENTEMENT

RESUME :
Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. 
A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. 
Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte.
Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin " impérieux " de la revoir.
Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal.
Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. 
Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque.
Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables.
Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire.
V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
" Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre " , écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.
Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse.
Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

MON AVIS : 

Un témoignage de victime de pédophilie, triste mais neutre, sans empathie, accusation, c'est un constat que fait l'auteur, avec une distance par rapport aux faits, qui l'ont profondément meurtrie.
C'est émouvant, poignant, de voir cette jeune fille, à la recherche d'un amour parental, tombée dans les filets d'un écrivain pédophile, ne s'en cachant pas, et qu'on laisse faire la situation, malgré quelques dénonciations, non suivies. 
On se demande où se trouvait les enquêtes sociales, les psychologues scolaires, suite à ses nombreuses absences de mineure.
Il faut se remettre dans le contexte des années 80, où la parole n'était pas  trop écoutée, surtout quand la victime, ne se rend pas compte, qu'elle est victime et croit vivre un amour pur de jeunesse.
Car c'est de sa jeunesse, de son insouciance dont elle est privée, volée, car inscrite dans le journal intime de l'écrivain, qu'il publie.
C'est un témoignage intéressant pour les générations futures, qui montre, que l'innocence de l'âge doit être protégée, des manipulateurs, pervers, pédophiles, qui sous l'image attirante de rassurer, cherchent avant tout, à satisfaire leur perversion et leur emprise mentale.

Citations: 
"Il m'en aura fallu du temps, pour me laisser aller avec un homme, sans l'aide de l'alcool ou des psychotropes"

MA NOTE : 4/5
Badge Lecteur professionnel

jeudi 23 janvier 2020

JEAN-YVES REVAULT - AUTOTHERAPIE PAR L'ECRITURE -ECRIRE POUR S'EPANOUIR

RESUME :
Découvrez comment, par la magie de l’écriture, il est possible de guérir de vos « bleus de l’âme », de vos traumatismes et de vos manques d’amour. 
Vous recherchez une méthode qui vous permettrait d’extérioriser votre mal-être ? 
Vous écrivez régulièrement mais n’arrivez pas pour autant à éveiller votre pouvoir d’autoguérison ? 
Ce livre vous accompagnera à chaque étape de l’écriture – du syndrome de la page blanche à l’analyse de vos textes personnels – faisant de vous votre propre thérapeute. 
L’important est d’écrire « vrai », avec le cœur, en choisissant le genre qui vous convient le mieux (témoignage, dialogue, etc.) puis en apprenant à lire entre vos lignes. 
La clé principale pour vous libérer de vos carcans et (re)trouver une pleine estime de vous-même réside dans l’analyse et la compréhension de vos textes. 
Avec l’écriture, tout est possible : réparer le passé, inventer l’avenir, vivre pleinement le présent. « L’écriture nous conduit sur le chemin le plus simple et le plus complexe, celui de la réalisation de soi. » Jean-Yves Revault est le fondateur de la Thérapie par l’écriture (1992), méthode de édveloppement personnel qui se pratique par correspondance. 
Il anime également des stages d’écriture, en France et en Suisse, dont le fameux stage d’écriture primitive et donne des conférences sur l’écriture libératrice. 

MON AVIS :
Un essai qui explique comment l'écriture peut être une forme de soin, de dépassement de ses peurs et traumatismes, de ses rancoeurs, colères, tout ce que nous avons enfoui au fond de nous pour éviter de le traiter.
L'auteur explique, à travers une méthode simple: écrire sans se donner de contraintes d'écriture; comment on réussit à sortir des profondeurs de notre Moi, les éléments qui nous font du mal et comment par la libération de l'écriture, on se libère également.
C'est simple d'accès, facile à lire, et agrémenté d'exemples.
Une lecture instructive.

Citations:
"Quand on s'aime soi, quand on ne se laisse plus influencer par les autres, il n'est plus nécessaire de se défendre d'eux.
Celui qui fuit la réalité, n'utilise pas le potentiel d'expérience et d'enseignement, que la vie lui propose. 
Le mot peut apaiser, il peut aussi détruire.
Quand le mot commence à entrer en relation avec les vérités profondes, dont l'être est porteur, il accomplit alors sa tâche de libération et de guérison.
L'important, est, que dans tous les cas, la libération obtenue touche la source du mal-être."                                                                                                                             
MA NOTE : 4/5                                                                                                                                                                                                                                                                                       

lundi 20 janvier 2020

ODILE LESOURNE - LA GENESE DES ADDICTIONS

RESUME :
Qui n'a été confronté, pour lui-même ou dans son entourage, au problème de l'addiction ?
Qui ne s'est interrogé sur la force interne, secrète et irrésistible, qui pousse à des comportements aussi irrationnels et destructeurs que l'alcoolisme, le tabagisme ou la toxicomanie ? 
Ce livre est l'un des rares qui aborde l'addiction dans toute son ampleur. 
II en fait la description minutieuse par des exemples d'une grande diversité, puis propose une interprétation psychanalytique en montrant comment peut prendre naissance une potentialité addictive à partir d'une petite fêlure ayant lieu dans la construction du sujet au cours des tout premiers temps. 
Fêlure susceptible de s'élargir à l'adolescence, sous l'effet de la maturation psychique et de l'environnement; ce que Freud et ses continuateurs ont appelé le clivage du Moi. 
Facile à lire, l'ouvrage est destiné à tous ceux que préoccupe, de près ou de loin, ce problème.

MON AVIS :
Un essai intéressant sur l'origine individuelle de l'addiction (ou toxicomanie), liée au parcours individuel et unique de chaque personne, décorrélé de sa famille, parents, fratrie, et lié principalement à des ressentis intérieurs par rapport à la société, la confrontation aux autres, à la société, à l'adaptation aux contraintes et frustrations personnelles, face à son Moi intérieur.
C'est un travail sur soi long, difficile, semé d'embûches et de rechutes, que connaît le toxicomane-addict qui a pris la décision de retrouver sa liberté et de ne plus être esclave d'un produit.
Effectivement, au début c'est en croyant être libre que l'on devient addict, en pensant pouvoir contrôler ses consommations, ce qui est vrai au début.
Mais cela devient vite vicieux, car le produit s'installe comme un besoin primaire dans la vie de la personne, qui ne peut plus s'en passer et c'est là que l'on tombe dans l'addiction. 
L'individu ayant du mal à trouver sa place dans la société, ce qui implique de regarder à l'intérieur de soi, d'y chercher des ressources internes, de réfléchir à la manière de s'intégrer dans la société, tout en respectant sa personne, sans artifice, de faire-valoir, d'attitude de suiveur(se), afin de se fondre dans la globalité, pourra se laisser berner par des substances lui procurant un plaisir et un bien-être, immédiat et sans contrainte.
L'auteur explique pour chaque thème, des origines, des exemples, des parcours de vie, qui font aussi réfléchir sur la société, les normes sociétales et leurs impacts sur l'individu.
C'est bien écrit, simple à comprendre, avec des exemples, et expliquant que chaque parcours est indépendant, et que l'addict-toxicomane, ne pourra se détacher du(des) produits qu'à partir du moment où la décision vient de lui-même, car c'est cette décision propre à l'individu qui fera la réussite ou non de ce deuil des produits.

Citations: 
"Existence d'une structure addictive caractérisée par la fracture de la personnalité selon un schéma organisateur de ses rapports soi-même et au monde extérieur.
Il y a un Moi,adapté aux exigences de la vie en société , en reçoit les avantages et se plie à ses frustrations.
L'autre partie du Moi, n'écoute que ses pulsions les plus primaires, les plus infantiles, ne cherchant que la satisfaction immédiate, hors-du-temps, sans tenir compte des effets ultérieurs de ses actes, sur lui-même et les autres.
En somme : d'un côté, un enfant exigeant, avide et se croyant tout-puissant; de l'autre, un adulte qui s'est séparé de l'enfant en lui. C'est le clivage du Moi.
Il existe trois formes de dysfonctionnements : tabagisme, alcoolisme, toxicomanie. Et trois ennemis intimes de l'Homme: le corps, la raison, la norme sociale.
L'addict est atteint d'un vide intérieur, mais dû davantage à la société dans laquelle il vit, qu'à des problèmes particuliers dans leur histoire infantile."

MA NOTE : 5/5

 RESUME : « Ici, soigner c’est prescrire. La confiance n’est pas un enjeu fondamental. La confiance est entre les mains des murs, des portes...