mercredi 22 mai 2013

BLANDINE LE CALLET - DIX REVES DE PIERRE


RESUME :
Blandine Le Callet réunit dans ce recueil des épitaphes authentiques, à partir desquelles elle imagine les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt. Elle ressuscite tour à tour un jeune esclave à qui l on vient d offrir sa liberté, un philanthrope piégé dans l étouffant huis clos d un bordel parisien, deux êtres unis par un amour hors-norme en route vers leur destin, une vieille dame acariâtre rédigeant son testament, et bien d autres encore. 
Dix destins arrêtés par des morts douces ou violentes, subites ou prévisibles, solitaires ou collectives. 
Dix voyages entre hier et aujourd hui, des rivages antiques d Asie Mineure jusqu à un petit village de la Bretagne profonde, du Paris de l Ancien régime à celui du xixe siècle, de la Normandie médiévale aux plaines d Ukraine dévastées par la peste brune... 
Dix nouvelles poétiques ou féroces, tendres ou dramatiques, nostalgiques ou grinçantes, dépeignant une humanité toujours assaillie par les mêmes passions, les mêmes peurs et les mêmes espoirs. Dix « rêves de pierre » pour conjurer l'oubli.


Pourquoi des épitaphes ? Blandine Le Callet répond à ses lecteurs :
J'étais depuis longtemps sensible à la puissance d'évocation des épitaphes - quelques lignes gravées sur une tombe portant le souvenir de personnes mortes depuis parfois des siècles -, mais c'était la première fois que la lecture de l'une d'elles suscitait chez moi un désir d'écriture aussi impérieux.
Très vite, m'est venue l'idée d'un recueil de nouvelles dont chacune aurait pour point de départ une épitaphe authentique à partir de laquelle j'imaginerais les dernières heures, les derniers jours ou les derniers mois du défunt.
J'ai mis plus de vingt ans à réunir ces épitaphes, attendant chaque fois la "rencontre" de l'inscription qui ressusciterait les fantômes et ferait jaillir l'inspiration, ne commençant la rédaction du recueil que lorsque ma collecte a été achevée. Je voulais que ces nouvelles, au-delà de leur diversité, forment un tout cohérent, paraissent comme liées en un récit unique.
Les voici aujourd'hui : dix histoires restituant par le biais de la fiction dix destins oubliés. Dix nouvelles conçues comme un voyage à travers les siècles, l'espace, les classes sociales. Des univers auxquels j'ai voulu donner des couleurs, des parfums différents - tragique, burlesque, grinçant, mélancolique - tout en les reliant par un mystérieux fil rouge : un personnage qui apparaît chaque fois au moment de la mort, pour la donner ou bien la prévenir, jusqu'à la dernière histoire, plus personnelle, où recherchant la trace de mes ancêtres dans un cimetière breton, j'ai fait une découverte qui m'a bouleversée.
J'espère que ces quelques lignes vous auront donné envie de découvrir mes dix rêves de pierre. Si tel est le cas, n'hésitez pas à m'écrire pour me faire part de vos impressions et, si vous avez apprécié le voyage, me dire laquelle de ces histoires vous avez préférée !

Certaines inscriptions funéraires possèdent un singulier pouvoir d évocation ; leur lecture fait surgir le fantôme de personnes disparues depuis parfois des siècles. 

Pourquoi ce recueil - Blandine Le Callet
L'idée de ce recueil m'est venue il y a plus de vingt ans, lorsqu'en visitant le Musée archéologique de Lyon, je suis tombée en arrêt devant l'épitaphe d'une jeune femme prénommée Blandinia, morte à l'âge de dix-huit ans. Son mari lui rendait hommage en termes si émouvants que je me suis aussitôt prise à imaginer ce qu'avait pu être la vie de Blandinia et de son époux dans cette ville gallo-romaine de Lugdunum.

Interview de l'auteur sur "Dix rêves de Pierre"

MON AVIS :
Un recueil qui malgré le thème n'est pas triste du tout, dans chaque nouvelle, il y a une histoire liée aux sentiments et variée dans la région géographique et les dates historiques.
Ces nouvelles sont pleines de vie, d'espoir et se terminent par la citation d'une réelle épitaphe glanée par l'auteur.
Le rythme est vif, l'écriture de l'auteur est fluide, le ton est à la fois poétique, émouvant, triste, joyeux, mais toujours juste et l'intrigue est là et nous emmène à chaque chute.
Le fil conducteur choisit par l'auteur entre les nouvelles,  est un chien jaune que nous retrouvons dans chaque nouvelle. Dans l'interview ci-dessus, elle y explique pourquoi ce choix.
Ce qui est bien aussi, c'est que l'auteur explique son parcours de recherche et l'histoire des épitaphes.
Une belle découverte et une auteur à suivre pour moi.

MA NOTE :5/5
COUP DE COEUR 

Extrait des dix épitaphes : 
Ce ne sera pas un spoiler, car il faut lire les nouvelles pour comprendre l'épitaphe et y ressentir le côté émouvant de chacune
Titre de la nouvelle 1Hermès
Epitaphe : Thrason, fils de Diogène a élevé cette stèle en mémoire de ses deux fils Dexiphanès âgé de 5 ans et Thrason, âgé de 4 ans et en mémoire d'Hermès, leur précepteur âgé de 25 ans.
Lorsqu'on les a trouvé dans les décombres après le tremblement de terre, c'est ainsi qu'il les tenait serrés contre lui.
Nicomédie (actuelle Izmit en Turquie) vers 120 ans de notre ère.

Titre de la nouvelle 2 : 5 ans 6 mois 18 jours 
Epitaphe ::Aux dieux mânes et à la mémoire éternelle de Blandinia Martiola, jeune femme pleine d'innocence, morte à l'âge de 18 ans 9 mois 5 jours.
Pompéius Catussa de la cité des Séquanes, artiste scutateur a élevé ce tombeau pour son épouse incomparable, pleine de bonté à son égard, qui a vécu avec lui 5 ans 6 mois 18 jours, pure de toute souillure.
Il a aussi élevé ce tombeau pour lui-même et il l'a consacré sous l'oscia.
Toi qui lis les lignes, va aux bains d'Appollon, ce qu'avec ma femme j'ai souvent fait et voudrais faire encore si seulement je pouvais.
Lyon IIe siècle de notre ère.

DORIS LESSING - VICTORIA ET LES STAVENEY

RESUME:
Victoria n'a jamais oublié sa rencontre, à l'âge de neuf ans, avec une riche famille blanche, les Staveney. Ce souvenir entêtant la poussera, des années plus tard, à entamer une liaison avec leur fils, Thomas. De cette histoire naîtra Mary, petite fille à la peau claire et au sourire radieux. En adoration devant l'enfant, les Staveney proposent de l'accueillir chez eux de plus en plus souvent. Victoria, toute à la réalisation de la chance que représenterait une telle éducation pour sa fille, n'imagine pas quelles conséquences aura sa décision. La grande dame des lettres anglaises revient sur ses thèmes de prédilection : le racisme, l'hypocrisie, l'ambition. Un regard sans concession et d'une incroyable modernité sur notre époque.
L'auteur: Doris Lessing est née en Perse en 1919 et a vécu une grande partie de son enfance au Zimbabwe. Devenue célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse (1950), elle est aussitôt apparue comme un écrivain engagé aux idées libérales. Prix Nobel de Littérature, elle est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels le célèbre Carnet d'or (Prix Médicis étranger), mais aussi Mémoires d'une survivante. Flammarion a notamment publié Le Rêve le plus doux (2004), Les Grand-mères (2005), Un enfant de l'amour (2007), et Alfred et Emily (2008).
MON AVIS:
Je découvre Doris Lessing avec ce roman.
C'est une histoire intéressante sur l'intégration d'une enfant métisse au sein d'une famille de la bonne société anglaise.Une famille moderne dans sa mentalité.
Il est bien retranscrit les difficultés des familles de couleur et la différence bien présente entre le monde des "blancs" et des "noirs" et les difficultés de passage d'un monde à l'autre.
J'ai bien aimé mais suis restée dépitée par la fin du roman, qui n'en est pas une pour moi.
Il manque la suite pour savoir ce qu'il advient de Mary à l'âge adulte.L'écriture quant à elle est agréable et m'incite à lire d'autres titres de cet auteur.
MA NOTE : 3.5/5

mardi 21 mai 2013

JOHN WILLIAMS - STONER


RESUME :
« Monsieur Stoner, monsieur Shakespeare s’adresse à vous à travers trois siècles. L’entendez-vous ? » Du jour où il est interpellé par son cassant professeur de littérature à Columbia, l’étudiant William Stoner, issu d’une petite communauté rurale, a une sorte d’illumination. 
En l’espace d’une seconde, il devient un autre et abandonne ses études d’agriculture pour bifurquer en littérature. Plongé dans les livres, il prend conscience de ce qu’il ignorait. 
A présent, il sait ce qu’il a choisi de devenir : un enseignant plutôt qu’un fermier. « Il se promenait dans les rayonnages de la grande bibliothèque de l’université parmi les milliers de livres et inhalait cette odeur de renfermé, de cuir, de toile et de papier jaunissant comme le plus exotique des encens. 
Parfois il s’arrêtait, sortait un ouvrage des rayons et le tenait un moment dans ses grandes mains tout émues de manipuler un objet si peu familier. La reliure, le dos, les planches si dociles… Puis il le feuilletait et attrapait un paragraphe ici ou là… Ses doigts malhabiles tournaient les pages avec le plus grand soin, terrifiés qu’ils étaient à l’idée d’abîmer ou de déchirer ce qu’ils avaient eu tant de mal à découvrir. » 
Récit ancré dans la recherche d’une vie menée en accord avec les convictions personnelles les plus profondes, Stoner réfute la notion de déterminisme social. Fourmillant de vues fines et de remarques ingénieuses, son style est à la fois direct, concis, et en même temps nimbé d’intime poésie.

Né pauvre dans une ferme du Missouri à la fin du XIX siècle, le jeune William Stoner est envoyé par ses parents — et au prix de quels sacrifices, à l’université pour y étudier l’agronomie. Hélas, ce grand garçon solitaire va découvrir les livres, la poésie et le monde de l’esprit. Il devient professeur et ne retournera jamais auprès des siens. 
La vie ne lui pardonnera pas cette trahison. 

L’auteur :
John Wiliams (1922-1994) a enseigné la littérature et l’art d’écrire pendant trente ans à l’université de Denver. Il est l’auteur de deux recueils de poèmes, d’une anthologie sur la poésie anglaise de la Renaissance et de quatre romans, dont Stoner, publié en 1965. 

Lu, aimé et traduit par Anna Gavalda
« Un roman si beau que j’ai demandé à mon éditeur d’en acheter les droits et une langue si belle que j’ai eu envie de la traduire.
L'interview d'Anna Gavalda sur la traduction 

MON AVIS :
Une formidable histoire personnelle d'un homme amoureux de la littérature et des belles lettres.
Malgré les épreuves de la vie qu'il doit affronter tant au niveau sentimental, familial que professionnel, Stoner se relève et continue d'avancer dans la vie, grâce à son amour inconditionnel pour la littérature.
Il aime son rôle de passeur de culture qui est le seul rempart à ses yeux, contre les difficultés du destin. 
A travers son rôle de passeur, on en apprend beaucoup sur l'histoire de la littérature, de la vie au sein d'une université, des codes et des coutumes qui y règnent.
Sa vie n'est pas joyeuse sauf ces instants volés au destin, avec Katherine, où il vit la gaieté de l'amour et de la littérature. 
Cependant, les obligations le rattrapent et il son bonheur n'est que de courte durée.
Stoner est un homme qui s'oblige à rester digne, qui enfouit ses peurs, craintes, tristesse, mécontentement, craintes, désirs, colère, joie, au fond de lui-même, afin de garder toujours une apparence calme.
Mais cet enfouissement fera le terreau de sa malheureuse fin.
Stoner a donc passé sa vie à se mettre en retrait pour les autres.
Cette histoire narre sa destinée, qui fut triste et passionnante à la fois, car intense et riche.
En y ajoutant un style d'écriture fin, fluide, poétique, on en fait un roman passionnant et une superbe lecture.
Merci Anna Gavalda de l'avoir traduit pour nous faire partager son coup de coeur, car c'est réussi.

Citations:
"...Ce premier travail de déchiffrage entrebaîlla la porte du monde infini qui s'offrait à lui.Il comprenait le rôle de la grammaire et percevait comment, par sa logique même, elle permettrait , en structurant un langage, de servir la pensée humaine.
... Et tout ça car tu as toujours attendu du monde qu'il soit quelque chose qu'il n'était pas et qu'il n'avait pas envie d'être.
Cet amour de la littérature, de la langue, du verbe, tous ces grands mystères de l'esprit et du coeur qui jaillissaient soudain au détour d'une page, ces combinaisons mystérieuses et toujours surprenantes de lettres et de mots enchâssés là, dans la plus froide et la plus noire des encres, et pourtant si  vivants...
... Il est évident que durant ce travail, toute notre éducation passée, va dans une certaine mesure, nous mettre des bâtons dans les roues, car nos habitudes de pensée ainsi que l'idée même que nous avons de l'expérience comme facteur de connaissance, déterminent nos conceptions.
Il savait que plus jamais son rôle de passeur n'aurait la même valeur et s'y consacra absolument."

MA NOTE : 5/5

dimanche 12 mai 2013

FANNIE FLAG - BEIGNETS DE TOMATES VERTES

RESUME : Au sud de l'Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d'une voie ferrée... Ninny, quatre-vingt-six ans, se souvient et raconte à Evelyn les histoires incroyables de Whistle Stop. Et Evelyn qui vit très mal l'approche de la cinquantaine et sa condition de femme rangée, découvre un autre monde. Grâce à l'adorable vieille dame, elle peut enfin se révéler, s'affirmer... Une chronique nostalgique et tendre, généreuse et colorée, pleine de saveur et d'humour. Un baume au coeur, chaud et sucré.

L'auteur: Fannie Flagg est née en Alabama. Productrice, elle est également star du petit écran et a joué dans plus de cinq cents shows comiques. Sa carrière d'écrivain a débuté de façon brillante puisque, dès sa parution, Beignets de tomates vertes a battu tous les records de vente. Porté à l'écran, le livre a ému des millions de femmes de toutes les générations.

MON AVIS :

Une histoire bien vivante, campée dans la réalité de l'Alabama des années 1930. On y découvre la vie des propriétaires du Whistle Stop Café ainsi que de tous les clients habitués. 
C'est comme une grande famille, on suit la destinée de chacun, blanc, noir, mariés ou non, jeunes ou vieux, tous les personnages du Whistle Stop Café ont une histoire.
Cette histoire permet à la fois à Ninny et à Evelyn, l'une de ne plus se morfondre dans sa maison de retraite sans visites, et l'autre de sortir de son blues et de prendre confiance en elle.
Les souvenirs égrenés par Ninny sont passionnants, on vit avec eux et différents thèmes y sont abordés : la différence blancs, noirs, la pauvreté, le Ku Klux Klan, la maternité, la violence conjugale, l'indépendance des femmes, l'entraide, l'amitié, l'amour, la maladie, etc.
Fannie Flag réussit à rendre vivant et dynamique ces évènements, par l'alternance de la narration entre les souvenirs de Ninny, la gazette de Dot Weems, et la vision d'Evelyn.
C'est un roman passionnant qui traverse plusieurs époques et l'adaptation cinématographique est réussit également.

Les recettes du Whistle Stop Café par Evelyn Couch.(à venir)

MA NOTE :5/5
COUP DE COEUR 

mercredi 8 mai 2013

ROMANS EPISTOLAIRES

Voici un billet pour récapituler mes lectures épistolaires, un genre que j'affectionne :
(Il sera complété au fur et à mesure de mes trouvailles livresques et de vos suggestions)



Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer, Annie Barrows
Une histoire fraîche, joyeuse, pleine de vie et de solidarité, au milieu de la tristesse de la seconde guerre mondiale.

Le confident d'Hélène Grémillon
Une histoire familiale, les thèmes de la maternité, du couple, dans une société où les règles sont édictées et figées. Comment les personnages vont s'y adapter et évoluer.

Un homme à distance de Katherine Pancol. 

Une histoire d'amour qui montre l'amour mais aussi la souffrance lors du désamour et les moyens que chacun peut utiliser pour s'en sortir.

Inconnu à cette adresse de Kressmann Taylor 
Une histoire forte, poignante, émouvante, ou comment s'oriente l'amitié, selon la personnalité et l'Histoire.

Monsieur Le commandant de Romain Slocombe 
Un roman dur.Comment une personne peut se retrouver à la fois conformiste à son éducation, sa religion et être quelqu'un d'abject.Tel est le cas du protagoniste, et de ses relations avec sa belle fille Ilse.
De riches descriptions de la vie quotidienne des années de la Seconde Guerre ponctue l'histoire, que l'on lit sans vouloir s'arrêter.

Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin
Une histoire triste et douloureuse car elle raconte la séparation forcée pour cause de maladie d'un couple âgé. Et la découverte de la personnalité de leurs enfants adultes, qui ne correspond pas forcément à l'éducation donnée. C'est une réflexion sur la vie, ses travers, le temps qui passe et les relations parents-enfants. 


84 Charing Cross Road d'Helen Hanff
Une histoire d'amitié qui se tisse à travers les commandes de livres  d'Hélène. Ces lettres nous racontent aussi la vie des Anglais et des Américains, après la seconde guerre. Le style est alerte, vivant, et la lecture est agréable.Une suite existe : La duchesse de Blomsburry  Street.


La duchesse de Blomsburry Street  d'Helen Hanff .
La suite de 84 Charing Cross où vingt ans après, Helen arrive à Londres à  la rencontre de ses amis épistolaires, de ses éditeurs de 84 Charing  Cross, et des ses fans.
Elle y découvre la vie à Londres, nous fait partager ses impressions   comme les bacs à douche pas pratiques, les livres enterrés pendant la guerre, sur lesquels des immeubles ont été construits, la tranquillité de Londres comparée à New-York.
Elle nous raconte également ses rencontres, ses impressions sur les visites des lieux historiques.
C'est toujours plein de spontanéité, vivant et le reflet de la vie quotidienne aux début des années 1970.

Quand souffle le vent du Nord  et La septième vague de Daniel Glattauer
Des échanges par mail, où on se laisse prendre au jeu de cette rencontre via internet.Une belle réflexion sur l'aide à la rencontre grâce aux nouveaux médias, et une jolie histoire.



Le ciel volé, Dossier Renoir d'Andrea Camilleri (mise à jour 08/05/2013)
J'ai découvert à travers ce court roman,  une écriture fine, une intrigue intéressante sur le thème du peintre Renoir.
L'utilisation de la forme à la fois épistolaire et policière permet d'avoir un rythme vivant et la lecture est aisée et rapide.
Une lecture agréable pour moi et donc un auteur à suivre.


Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos (à venir)


Lettres de Capri de Mario Soldati (à venir)

Lettres de Capri d'Alexandre Dumas (à venir)

Lettre d'une inconnue de Stephen Zweig (à venir)

Lettre à son frère Théo de Vincent et Théo Van Gogh (à venir)

Se croiser sans se voir de Jean-Laurent Caillaud (à venir)

Hôtel Bristol, New York de Michel Tremblay ( à venir)

dimanche 5 mai 2013

YANNICK GRANNEC - LA DEESSE DES PETITES VICTOIRES

Prix des Libraires 2013

RESUME :
Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.


L'interview de l'auteur

MON AVIS :
Un roman très intéressant, qui m'en a beaucoup appris sur l'Histoire des Mathématiques, et notamment du mathématicien Kurt Gödel.
A travers les souvenirs de sa veuve, se déroule l'histoire de Kurt Gödel, mathématicien ami d'Einstein.
Mais aussi, sa maladie, ses souffrances, et les difficultés endurées par sa femme Adèle. L'absence de maternité, le sentiment d'être une soignante toute sa vie, le manque de construction personnelle, et l'Histoire, car nos héros ont vécu pendant la deuxième guerre mondiale; font de ce roman, une histoire intéressante et passionnante.
En prenant le point de vue d'Adèle, l'auteur mêle habilement, sentiments, Histoire, histoire des Mathématiques. Le tout avec un style agréable et une écriture documentée.
Une agréable lecture qui ne concerne pas que les Mathématiques, mais une grande histoire au coeur de l'Histoire.

MA NOTE : 5/5
COUP DE COEUR 

ANTOINE LAURAIN - LE CHAPEAU DE MITTERRAND


Prix Relay SNCF 2012

RESUME:
Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s'installe à la table voisine : François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s'approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême ? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d'autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980. Cette fable pleine d'esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux - celui de ressusciter une époque et, surtout, de mettre au jour à travers une galerie de personnages notre rêve commun : voir s'accomplir par magie nos désirs les plus secrets.

MON AVIS:
Un roman frais et agréable, une histoire autour du thème d'un objet fétiche, bien traité.
Le Président Mitterrand oublie son chapeau, un beau feutre dans une brasserie parisienne.
Alors commence le destin du chapeau, qui au fur et à mesure de ses différents propriétaires, va modifier le cours de leur destinée et l'améliorer.
Ainsi qui du parfumeur recrée un parfum star, de la jeune femme qui devient écrivain et libraire, du comptable devenant responsable etc.
Chaque voyage du chapeau est différent, il s'envole au gré des histoires, tout en restant un objet doux et attachant. 
Il permet à chacun, en lui attribuant des vertus magiques, de se motiver, d'avoir l'audace d'y arriver et par là-même d'influer le cours de son destin.
Le contexte historique est celui des années 80 et on y retrouve les chansons de cette période ainsi que les us et coutumes de la vie quotidienne.
Le style de l'auteur, quant à lui,  est alerte, rythmé et doux à la fois.
C'est un joli conte moderne où la fin remet dans son contexte original le chapeau.Pour conclure, une lecture agréable de printemps.

Pour en savoir plus sur l'aventure du chapeau : le blog de l'auteur

MA NOTE:4/5

dimanche 21 avril 2013

LUIS SEPULVEDA - HISTOIRE DE LA MOUETTE ET DU CHAT QUI LUI APPRIT A VOLER


RESUME:
Zorbas le chat grand noir et gros a promis à la mouette qui est venue mourir sur son balcon de couver son dernier œuf, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Tous les chats du port de Hambourg vont se mobiliser pour l'aider à tenir ces promesses insolites. A travers les aventures rocambolesques et drôles de Zorbas et Afortunada, on découvre la solidarité, la tendresse, la nature et la poésie


L'AUTEUR :Luis Sepúlveda est un écrivain chilien né le 4 octobre 1949 à Ovalle. Son premier roman,"Le vieux qui lisait des romans d'amour", traduit en trente-cinq langues et adapté au grand écran en 2001, lui a apporté une renommée internationale. Son œuvre, fortement marquée par l'engagement politique et écologique ainsi que par la répression des dictatures des années 70, mêle le goût du voyage et son intérêt pour les peuples premiers.

Les prix reçus par le roman :
  • Label du Prix Bernard Versele, catégorie 5 chouettes 1998
  • Prix Salicorne du 3e festival du Livre animalier pour la jeunesse 1998
  • Prix Sorcières roman 1997
  • Prix jeunesse Gabier du Salon du livre de Concarneau 1997
  • Prix de la Cité des livres, Cherbourg-Octeville 2004
  • Prix Mille pages jeunesse du roman 1997
  • Prix des CM1/CM2/6e du festival du livre pour la jeunesse "Lire aux éclats" de Sallanches, 1998
  • Sélection Éducation nationale (France)

MON AVIS :

Un roman jeunesse par un auteur connu par son écriture poétique.
L'histoire traite de thèmes divers: la pollution (la mouette est prise dans le pétrole),la différence (la mouette et le chat), l'honneur de donner une parole et de la tenir (Zorbas donne sa parole de couver l'oeuf de la mouette), l'attachement et l'amour porté à autrui (Zorbas est triste quand Afortunada part rejoindre les siens) etc.
Le ton est donné, avec de courts chapitres, de belles illustrations, voilà de quoi donner envie de lire à nos jeunes enfants et adolescents.
La lecture est aisée, le rythme vif, et l'on a envie de savoir comment ce chat et cette mouette vont nouer amitié et s'entraider malgré leur différence..
Conseilé à partir du CM2 pour lire tout seul.

MA NOTE : 5/5

COUP DE COEUR  

vendredi 5 avril 2013

VALERIE TUONG CONG - L'ATELIER DES MIRACLES

RESUME :
Prof d’histoire-géo mariée à un politicien narcissique, Mariette est au bout du rouleau. Une provocation de trop et elle craque, envoyant valser un élève dans l’escalier. Mariette a franchi la ligne rouge. 
Millie, jeune secrétaire intérimaire, vit dans une solitude monacale. Mais un soir, son immeuble brûle. Elle tourne le dos aux flammes se jette dans le vide. Déserteur de l’armée, Monsieur Mike a fait de la rue son foyer. Installé tranquillement sous un porche, il ne s’attendait pas à ce que, ce matin, le « farfadet » et sa bande le passent à tabac. 
Au moment où Mariette, Millie et Mike heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles. 
Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? Avancer en se mentant et en mentant aux autres ? Ensemble, les locataires de l’Atelier vont devoir accepter leur part d’ombre, tandis que le mystérieux Jean tire les ficelles d’un jeu de plus en plus dangereux.


MON AVIS: 
Un roman tiroir, comme sait si bien les écrire l'auteur (voir Providence, excellent).
Ici, le thème est : les laissés pour-compte, les sans domicile fixe, les personnes démunies.
Nos trois héros: Mariette, Millie, Mike, vont rencontrer à un moment difficile de leur destin, Mr Jean, responsable de l'association l'Atelier des Miracles.
L'atelier des miracles, endroit et organisation permettant de donner des outils à ceux qui en ont besoin, pour reprendre pied dans la vie.
Nous y suivons, chacun des trois parcours de Mariette, Millie, Mike, à tour de rôle, en découvrant qu'ils sont issus de milieux et de problèmes différents. 
Nous vivons leurs peines, leurs difficultés, leurs espoirs et leur courage jusqu'à leur réussite et leur rencontre comme une providence.
Cette providence va les amener à comprendre les motivations profondes de Mr Jean, et de voir si lui aussi a bénéficié de l'Atelier des miracles ?
Jusqu'où pourra aller la solidarité et l'entraide ? 
Quel est le rapport entre la couverture du livre, le métier d'horloger et l'Atelier des Miracles ?
Concernant le rythme et l'écriture, il est rapide, vif, empli d'optimisme et de gaieté malgré les difficultés. La lecture est aisée et pour moi, je pense que cette histoire est un hommage au travail effectué par les diverses associations d'entraide.
Un excellent roman, par un des mes auteurs chouchous.

L'interview de l'auteur: Valérie Tuong Cong


MA NOTE :5/5

COUP DE COEUR 2013

JEAN-MICHEL GUENASSIA - LA VIE REVEE D'ERNESTO G.



Prix du Roman Historique des lecteurs de Levallois 2012
Finaliste du Prix Littéraire du 2e roman au Festival du Premier Roman de Laval 2011

RESUME :
De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. De la Bohème et ses guinguettes où l'on croisait des filles qui dansaient divinement le tango en fumant des Bastos, à l'exil dans le djebel, de la peste d'Alger aux désillusions du communisme, voici la vie d'un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l'Histoire. Une vie d'amours et de grandes amitiés, une vie d'espoirs et de rencontres, jusqu'à celle, un jour de 1966, d'un certain Ernesto G., guerrier magnifique et terrassé, échoué au fin fond de la campagne tchèque après sa déroute africaine.
On retrouve ici toute la puissance romanesque de Jean-Michel Guenassia qui, après Le Club des incorrigibles optimistes, nous entraine dans la délicate nostalgie des hommes ballottés par l'Histoire, les hommes qui tombent et qui font de cette chute même et de leur désenchantement une oeuvre d'art.

MON AVIS :
Une superbe saga familiale, qui nous emmène de la Pologne à l'Algérie, en passant par la France, et ce durant la deuxième guerre mondiale, et en vivant dans les pays communistes de l'Europe de l'Est, sous les régime soviétique.
On y suit le destin de Joseph Kaplan, médecin et chercheur, que sa fonction amène à rencontrer des personnages d'origines et d'horizons divers : Maurice, Christine, Sergent, Ernesto G, Mazel entre autres.
Ces différents destins vont s'entrecroiser dans l'Histoire, et l'auteur nous y entraîne avec un rythme vif et empli d'espoir, de nouveautés, de rebondissements.
Toute la palette des sentiments est déclinée et beaucoup d'aventures arrivent à notre héros et ceux qui gravitent autour de lui.
Notamment, sa rencontre avec Ernesto Guevarra, qui nous fait connaître une facette méconnue.
Le roman est génial, et confirme le grand talent de Jean-Michel Guénassia, révélé par "Le Club des incorrigibles optimistes" qui est également excellent.
Un de mes auteurs chouchous et j'ai hâte de lire son futur roman.

L'interview de l'auteur : La vie rêvée d'Ernesto G. par Jean-Michel Guenassia

MA NOTE :5/5

COUP DE COEUR 2013