dimanche 23 avril 2017

ALEXIA STRESI- LOOPING

RESUME :
Au début du XXe siècle, Noelie voit le jour dans une ferme italienne.
Née d'un père inconnu, élevée par une mère analphabète, elle semble destinée à la vie des paysans pauvres de l'Italie d'alors. 
Soixante ans plus tard, Noelie invite à déjeuner des célébrités de Cinecittà, ses amis du gouvernement, des ministres libyens du pétrole, des poètes, des huiles du Vatican et des amis d'enfance, restés ouvriers agricoles.
Entre-temps, elle aura parcouru le Sahara à dos de chameau, piloté des avions pour rendre visite à des Bédouins, amassé une fortune et fait vivre ses rêves. Qui est-elle ? D'où lui vient cette force, et son talent pour la vie ? De ce qu'elle ne dit pas.

L'auteur :
Née en 1970, à Nantes, Alexia Stresi a été comédienne et scénariste. Looping est son premier roman.

MON AVIS :
Une histoire passionnante, pleine d'aventures et de rebondissements.
Noelie, naît des amours fugaces d'un père militaire et d'une mère paysanne.
Des années plus tard, ce père, Nestore Malacria, revient chercher femme et enfant, et part s'installer en Lybie, alors sous occupation italienne.
Là, Noelie et sa mère Camilla, doivent s'habituer à leur nouvelle vie, qui est une vie de princesse, comparée à celle vécue de paysannes.
C'est difficile pour elles, elles découvrent Nestore, arrogant, dur et cruel, apprendre le langage, les coutumes, et savoir tenir leur rang.
Là on découvre la personnalité fantastique de Noelie, une battante, qui fera en sorte d'attirer le respect de son père, de préserver sa mère de la dépression, de se mélanger à la haute société, sans rien dévoiler de ses origines, et de se marier avec Bruno, homme charmant, orphelin, qui a construit son destin.
A partir de là, le destin de notre héroïne est fantastique : aviatrice, commerçante, représentante de l'Italie, mère et grand-mère, en font un personnage haut en couleurs et hors du commun, qui bataillera tout sa vie, pour préserver son indépendance, sa liberté et son amour indéfectible envers les siens.
On y suit l'histoire de l'Italie et de l'occupation libyenne, des paysages magnifiques d'oasis dans le désert, de rencontres avec les nomades, de couleurs et de chaleur.
La couverture représente bien Noelie: son esprit d'indépendance, de liberté, et d'anticipation des droits de la femme.
Une excellente lecture pour un premier roman.

MA NOTE :5/5


lundi 17 avril 2017

SOFI OKSANEN - NORMA

RESUME :
Le corps d'Anita Ross vient d'être retrouvé dans le métro de Helsinki. 
Les témoins sont unanimes : elle s'est jetée sur les rails. 
Norma, sa fille unique, refuse d'y croire. Anita ne l'aurait jamais laissée seule avec son secret : ses cheveux sont vivants, ils ressentent des émotions, s'animent et poussent si vite qu'elle est obligée de les couper plusieurs fois par jour. 
Prête à tout pour connaître la vérité, Norma décide de retracer les derniers jours de sa mère, allant jusqu'à se faire embaucher dans le salon de coiffure où elle travaillait. 
Ses découvertes font ressurgir un passé trouble qui n'est pas sans susciter l'attention d'un puissant clan de la mafia locale... 
« La photo se trouvait entre les pages de la bible depuis aussi longtemps que je me souvienne. Petite, j'allais la regarder en cachette. 
À cette époque, j'ignorais qui était la femme sur la photo. Mais la place solennelle qui lui était réservée me laissait présumer que ce n'était pas n'importe qui, de même que la réaction de ma mère. 
Avec ses cheveux d'une longueur surnaturelle, cette femme ressemblait davantage à une créature fabuleuse qu'à un être humain authentique.
Plus tard, après avoir appris à lire, j'ai compris le texte et le nom écrits sur la carte, et je me suis rendu compte qu'elle nous était apparentée. 

MON AVIS :
Une histoire intrigante, particulière, magique et policière à la fois.
La couverture reflète bien cette atmosphère de volume de cheveux, d'intrigues et d'espoir.
Effectivement, l'auteur utilise le symbole de la féminité: la chevelure, pour aborder les violences et l'exploitation des femmes dans le monde.
Ainsi, Norma, suite à la mort de sa mère, va enquêter, en remontant le fil de l'histoire familiale, où les cheveux ont une place importante, car ils ont des propriétés magiques: ils poussent tout le temps, au point de les couper quatre fois par jour, et ils ressentent les émotions, les influences autour de la personne qui a cette chevelure.
A travers la quête de Norma, on découvre que les extensions capillaires, sont un marché mondial très important, suscitant des appétits financiers. 
L'auteur aborde aussi les "usines à bébés", illégal marché des mères porteuses, où des femmes issues de milieux pauvres deviennent des "pondeuses" pour répondre à un marché de l'adoption.
Les thèmes abordés sont intéressants et mettent en lumière les violences différentes faites aux femmes.
Mais, le texte sous une forme policière, n'est pas toujours aisé à suivre, car les relations entre les personnages n'est pas toujours facile à comprendre.
Cependant, c'est une lecture que j'ai apprécié, pour les thèmes abordés et les recherches effectuées par l'auteur.

MA NOTE : 4/5

vendredi 14 avril 2017

JULIA MONTEJO- UNE VIE A T'ECRIRE

RESUME :
L'histoire incroyable d'une rebelle passionnée qui a su affronter le temps et les océans pour tracer son propre chemin et faire le choix de la liberté.
Un soir, sur une plage du Pays basque espagnol, un écrivain en mal d'inspiration rencontre Amaia, une jeune femme mystérieuse.
Elle est persuadée d'avoir déjà vécu au XVIIe siècle et d'avoir alors traversé les océans pour gagner l'Islande où les Basques partaient chasser la baleine. 
Au péril de sa vie, à une époque où les femmes n'avaient d'autres choix que l'obéissance et le silence, elle a su conquérir son indépendance et sa liberté.
Là-bas, elle a rencontré Erik, son amour éternel, dont le souvenir ne cesse de la hanter. 
Amaia est-elle folle à lier ? C'est ce que commence par croire Asier avant d'être emporté par la force de son histoire.
Envoûté, le jeune homme transforme le récit de cette étrange et attirante muse en roman. 
Le souffle des mots l'habite enfin. 
Est-ce seulement un roman qui s'écrit ou une histoire est-elle en train de naître entre ces deux âmes solitaires ?

MON AVIS : 
Une histoire envoûtante, entremêlant deux époques différentes, pour une unique héroïne: Amaia, Amalur.
Ainsi, Amalur, pour échapper à un destin ne lui convenant pas, s'enfuit en 1615, en Islande, en se faisant passer pour un homme.
Comment va-t-elle conquérir sa liberté? se faire une place dans un monde dur et où la femme devait être soumise et dépendante?
C'est ce destin que raconte Amaia, à notre époque, à Asier, qui l'a sauvée de la noyade.
La force du récit tient dans le récit d'Amaia, les liens qui se tissent avec Asier, la description de la vie quotidienne au 17ième siècle, la beauté de la mer, des paysages Islandais, sans oublier la pointe du souffle du vent froid de ces mers du Nord, impliquant une certaine direction à son destin, notamment les difficultés quotidiennes, la violence, mais aussi l'amour, l'énergie et le dynamisme pour avancer.
Une lecture captivante, magique et polaire.

MA NOTE : 4/5

Badge Lecteur professionnel

vendredi 31 mars 2017

KATHRYN HUGHES - IL ETAIT UN SECRET

RESUME :
Quand le terrible secret d’une femme peut en sauver une autre des décennies plus tard 
En 1975, par une journée de canicule, une virée à la mer entre amis se termine par un accident tragique. 
Ce même été, Mary, une jeune veuve en mal d’enfant, découvre un bébé abandonné devant sa porte et fait le choix de mentir en le faisant passer pour le sien. 
Quarante ans plus tard, en 2016, une femme, Beth, qui vient de perdre sa mère, vit dans l’amertume le fait que celle-ci ne lui ait jamais révélé l’identité de son père et ait emporté son secret dans la tombe. Tout ignorer de ses antécédents familiaux se révèle d’autant plus dramatique qu’elle cherche désespérément un donneur compatible pour son petit garçon qui a besoin d’une greffe de rein. 
En trouvant un vieil article de journal dans les papiers de sa mère, elle parvient à remonter le fil du passé et à découvrir le secret qui pèse sur sa vie depuis son enfance. 
À la manière d’un puzzle, cette révélation finit par rassembler des personnages qui mènent leur existence dans trois endroits différents – à Manchester, dans une station balnéaire de la côte anglaise et en Australie – sans n’avoir jamais rien su du lien qui les unit. 


MON AVIS :
Dans ce second roman, nous découvrons la destinée d'un groupe de personnes, qui ont en commun, un accident de voiture.
Tout débute avec Mary qui perd son mari, mineur, dans la mine et devient veuve sans enfant.
On bascule ensuite en 1975, lors de cette ballade à la plage, qui se finit par un tragique accident.
Enfin, en 2016, Beth et son mari Michael, cherchent un donneur de greffe pour leur fils Jake.
A partir de ces éléments, le récit va se dérouler avec une fluidité parfaite, du rythme et du suspens.
On est embarqué par l'histoire qui relie tous ces personnages, entremêlant le passé, le présent, avec des personnages différents et forts comme Trisha, Selvyn, Michael, Petula, Babs, Daisy, Mary, Lorraine, Jerry.
En effet, leur personnalité et leur rôle est bien campé, et apporte au récit, du vivant, de l'animation.
C'est une histoire à la fois tragique, émouvante, douce, affectueuse, et elle est géniale, car toute la destinée se construit à la façon d'un puzzle, parfaitement construit.
Enfin, la couverture est superbe, elle reflète bien le contenu du roman : de la douceur, de l'amour, des secrets bien gardés, qui seront ou non révélés, et pour quelles raisons.
C'est pour moi,une agréable lecture, une nouvelle histoire aussi bien qu' "Il était un secret" et c'est une auteur à suivre.

MA NOTE :5/5

mardi 28 mars 2017

WARIS DIRIE - FLEUR DU DESERT


RESUME :
Avec émotion et sincérité, Waris Dirie raconte les détails de son étonnante histoire, évoquant sans détour les difficultés rencontrées tout au long de cette aventure.
Fleur du désert est la troublante confession d'une femme hors du commun.


Waris, excisée selon la tradition, n'a que treize ans lorsqu'elle décide de s'enfuir, de quitter ses parents afin d'échapper à un mariage forcé. 
Après une dangereuse cavale dans le désert somalien, elle rejoint Mogadiscio, puis Londres où elle devient domestique.
C'est alors qu'elle est remarquée par un photographe de mode et que va démarrer sa prodigieuse carrière de mannequin.


MON AVIS :
Un roman autobiographique émouvant.
En effet, l'auteur somalienne, est excisée, et promise à un mariage convenu d'avance par les familles.
Souhaitant un autre avenir, que d'être nomade, elle s'enfuit à 13 ans de sa famille nomade dans le désert,  et va tout tenter pour réaliser son rêve de vivre une vie moins rude.
Elle rejoint une de ses soeurs à Mogadiscio, la capitale, et grâce à l'aide d'une tante et d'un oncle, part à Londres comme domestique.
Cependant, à Londres, elle découvre un monde inconnu, des codes et coutumes à comprendre et à assimiler, un langage à apprendre, une charge de travail importante.
Quand la mission de son oncle se termine, tout le monde doit repartir en Somalie, mais Waris résiste, veut rester à Londres et réaliser son rêve d'être mannequin.
A force de persévérance, d'audace, d'optimisme, et aussi de bonnes rencontres, elle va réaliser son rêve, et devenir mannequin mondialement reconnue.
Malgré ce succès, Waris a des difficultés amoureuses, n'ose entreprendre une relation, du fait de son excision, qui la rend prisonnière et l'a fait horriblement souffrir. Cette difficulté sera heureusement résolue par un excellent chirurgien.
Et c'est une Waris heureuse et comblée qui devient ambassadrice de l'ONU pour l'arrêt de l'excision.
C'est un destin hors du commun, marqué par les difficultés, mais surtout par la joie de vivre, l'optimisme et l'audace.
Une agréable lecture et je remercie Waris pour son témoignage.

MA NOTE : 5/5
Extrait du film : Fleur du désert 

samedi 18 mars 2017

MATHIEU MENEGAUX - JE ME SUIS TUE

RESUME :
Du fond de sa cellule de la maison d'arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux.
Elle a choisi de porter seule ce fardeau. 
Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. 
Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable.
Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.

MON AVIS :
Une histoire touchante, triste et poignante.
Comment un couple en apparence modèle, respecté de tous, ayant une vie bien ordonnée, va voler en éclats.
C'est une longue descente aux enfers qui s'orchestre pour Claire, suite à un soir où elle rentre seule d'une soirée chez des amis.
On suit lentement les décisions de Claire, ce qu'elle garde pour elle pour sauver sa notoriété, l'estime des autres, la vision qu'elle donne.
Alors qu'au fond d'elle, tout se délite au fur et à mesure du temps qui passe.
Comment va-t-elle gérer son nouveau statut de mère, comment va-t-elle surmonter les démons du passé ? Quels sont les tourments qu'elle vit et comment va-t-elle y remédier?
La force de ce court roman réside dans l'art qu'à l'écrivain de nous faire ressentir les émotions de Claire et de nous entraîner dans le sillage de sa destinée. 
La couverture et le titre sont très bien choisis, et peuvent être interprétés de deux manières différentes selon notre compréhension du texte.
Au final, c'est un roman bien écrit, une belle lecture, qui marque.

MA NOTE : 5/5

lundi 20 février 2017

TILL LUKAT - DURES A CUIRE


RESUME :

Quel est le point commun entre Marie Curie, Tina Turner et Lady Diana ?
Saviez-vous que Ma Dalton avait vraiment existé ? Que la personne la plus recherchée par la Gestapo fut une femme ? 
Et que le premier sex-shop au monde fut ouvert... par une femme ?
Pétillant et culotté, Dures à cuire (premier prix du Ligatura Pitching en 2014) nous invite à plonger dans les vies ordinaires ou atypiques de cinquante femmes, célèbres ou non, qui ont marqué l’Histoire.

MON AVIS : 
Un recueil de figures féminines qui ont marqué leur époque, intéressant et joyeux.
Effectivement, chaque héroïne est présentée sur une double-page, dont un côté la représente avec son action et de l'autre, son histoire est racontée en dessins et en biographie.
On y découvre des personnages hauts en couleurs et dont le destin fut mouvementé.
C'est instructif, bien fait, bien dessiné, et cela en fait une lecture agréable.

MA NOTE : 5/5


samedi 18 février 2017

YAA GYASI - NO HOME

RESUME :
Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire
du peuple africain.
Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. 

Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi.
Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. 
Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. 
Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.
En Afrique comme en Amérique, No Home saisit et traduit, avec une étonnante immédiateté, combien la mémoire de la captivité est restée inscrite dans l’âme d’une nation. 

Navigant avec talent entre histoire et fiction, nuit et lumière, avec une plume qui varie d’un continent à l’autre, d’une société à une autre, d’une génération à la suivante, Yaa Gyasi écrit le destin de l’individu pris dans les mouvements destructeurs du temps, offrant une galerie de personnages aux fortes personnalités dont les vies ont été façonnées par la loi du destin.

MON AVIS :
Un premier roman formidable.
C'est un saga familiale qui s'étend sur trois siècles, qui va de l'Afrique du Triangle d'Or et de la traite des esclaves, à l'Amérique, l'Europe, on passe du 17 ième siècle au 20 ième siècle, en suivant le destin de deux demi-soeur et de leurs descendants.
Les chapitres alternent avec chacun des descendants d'Effia et d'Esi, en Afrique et en Amérique, en suivant les années.
On y suit l'histoire de la famille, mais aussi l'évolution de l'esclavage, de la vente des hommes par des villages en Afrique, de la traite en Amérique, de l'abolition et de ses conséquences, et de l'évolution des personnages, à travers l'Histoire.
On vit leurs peines,leurs joies,leurs sentiments, leurs souffrances, la ségrégation raciale, dont ils sont victimes, les manifestations pour le droit des hommes de couleur.
C'est très bien écrit, c'est fluide, vivant, plein de rebondissements, de suspens aussi sur les origines familiales, pour les descendants de ces deux femmes africaines, dont le destin fut mouvementé.
Une passionnante lecture d'une saga familiale, et une auteure prometteuse.

La couverture est magnifique avec cette femme au milieu d'une mélange de fleurs représentant ses descendants, et les formes géométriques colorées d'orange et de rouge,rappelant l'Afrique,  en font une couverture joyeuse, et qui m'a donné envie de lire cette formidable histoire 

MA NOTE : 5/5

Badge Lecteur professionnel

lundi 13 février 2017

BEATRICE MILLETRE - LE BURN OUT DES ENFANTS


Collection Payot Psy
RESUME :
Nos enfants sont au bord du gouffre. Épuisés nerveusement, ils craquent. 
Un ado sur trois est aujourd’hui en burn-out, ou en passe de l’être. 
À quoi est-ce dû ? Principalement à la pression phénoménale que nous exerçons sur eux. 
On exige trop de nos enfants, et surtout pas au bon âge.
Ils sont suroccupés, ils doivent être premiers partout, parfaits en tout, sans plus aucun droit à l’erreur, alors que les adultes, eux-mêmes perdus, n’offrent plus de modèle stable d’éducation et que la société du bien-être magnifie l’imperfection… Face à ce fléau, Béatrice Millêtre montre qu’il est possible d’agir. Avec elle, nous qui avons tous leur bonheur à cœur, nous allons réapprendre à nous occuper de nos enfants !

MON AVIS :
La collection Payot Psy propose des ouvrages intéressants, vulgarisés pour nous les lecteurs.
Cela permet de se documenter et de comprendre aussi la société d'aujourd'hui.
Dans ce livre, l'auteur nous explique les différents types de pressions que reçoit l'enfant, dès sa naissance, les espoirs et les objectifs que les parents, la famille, lui imposent.
Puis ensuite, la pression sociétale, scolaire, qui arrivent, et rajoutent un carcan déjà mis en place.
Si ces pressions sont trop fortes, que l'enfant n'a plus de temps pour lui, pour "s'ennuyer", qu'il a un agenda de ministre, remplit d'activités, d'invitations, car ainsi il est populaire, il a son réseau, la "cocotte-minute" mental, de l'être en construction, dira stop et le burn-out se déclenchera.
Ce livre indique comment les parents peuvent détecter et mettre en place les bonnes pratiques pour essayer de l'éviter, mais aussi des outils et de l'aide aux enfants et adolescents sont indiqués pour leur permettre de remonter la pente, d'aller mieux , d'avancer vers l'avenir et se prémunir.
C'est intéressant et instructif, une lecture que je conseille.

Citations: 
"L'amour de soi comprend le principe d'attachement: 
-avoir un lieu, un "port" où nous sommes ancrés
-où y trouve un amour inconditionnel : quoi qu'il arrive, j'aime mon enfant même si des fois, je ne suis pas d'accord avec ce qu'il fait.
Les langages d'amour sont différents : 
-le regard,le toucher,  les paroles valorisantes descriptives, les services rendus, les moments de qualité
Une erreur de pensée est une pensée excessive, extrême, exagérée, poussée, inexacte, une fausse croyance, une fausse perception de la réalité, une pensée qui fait se sentir mal, qui empêche d'atteindre ses buts, qui nuit aux relations avec les autres.

MA NOTE : 5/5

dimanche 12 février 2017

GAEL FAYE - PETIT PAYS



En 2016:
*Prix du roman Fnac et Goncourt des lycéens
*Prix du premier roman Français
*Prix du roman des étudiants France-Culture Télérama

RESUME :
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur, Ana, dans un confortable quartier d'expatriés. 
Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. 
Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce "petit pays" d'Afrique brutalement malmené par l'Histoire.
Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais.
le quartier est bouleversé. 
Par vagues successives, la violence l'envahit, l'imprègne, et tout bascule. 
Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français... "
J'ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles : le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l'après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d'orages... 
J'ai écrit ce roman pour crier à l'univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu'à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d'exilés, de réfugiés, d'immigrés, de migrants."
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d'un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu.
Nourri d'un drame que l'auteur connaît bien, un premier roman d'une ampleur exceptionnelle, parcouru d'ombres et de lumière, de tragique et d'humour, de personnages qui, tous à leur manière, tentent désespérément de survivre à la tragédie. 

MON AVIS :
Une histoire poignante, qui ne laisse pas indifférent.
Gaby nous raconte son enfance et début d'adolescence, insouciante, joyeuse, coloré, pleine de mangues, de rires et de joie de vivre.
Mais le conflit ethnique au Rwanda voisin, se reporte à Bujumbura, dans son petit pays, le Burundi
Ses origines familiales rwandaises et le report du conflit ethnique au Burundi, vont l'amener à se retrouver mêlé à un conflit qu'il ne comprend pas et n'a pas choisit.
L'insouciance de l'adolescence vole en éclats, la peur arrive dans les maisons, on ne peut plus sortir sans crainte de ne pas revenir en vie, le pays n'est plus serein et c'est difficile pour tout le monde de vivre ainsi.
L'auteur nous fait partager ses émotions, on vit inténsément sa vie d'adolescent, les retrouvailles avec la famille Rwandaise, les évènements vécus avec les copains, et ce monde insouciant qui s'en va.
C'est une excellente lecture, émouvante, joyeuse, emplie d'espoirs, qui nous montre une autre facette de ce conflit, à travers le ressenti d'un adolescent.
L'écriture est fluide, vivante, imagée, colorée, et c'est un auteur à suivre, pour un premier roman.

MA NOTE:5/5